La conférence de presse du ministre des TIC Tassarajen Pillay Chedumbrum, à son bureau ce matin, s’apparentait à un règlement de comptes politique. Bien que l’objet était de commenter le “ruling” du juge David Chan Kan Cheong, rendu hier après-midi au sujet du rejet de la demande d’injonction du Dr Rajah Madhewoo pour contester la nouvelle carte d’identité électronique, le ministre en a profité pour fustiger le leader du MSM, Pravind Jugnauth.
Le nom de Pravind Jugnauth est revenu sans cesse lors de cette conférence de presse, où étaient présents les membres de l’équipe du Mauritius New Identity Scheme (MNIS) et des cadres du ministère et du Prime minister’s office. Le ministre Tassarajen Pillay Chedumbrum n’a cessé de relier plusieurs éléments du “ruling” du juge David Chan, et la raison d’être même de l’action en justice du Dr Madhewoo, au leader du MSM. Il a été jusqu’à alléguer à un moment que l’action du Dr Madhewoo aurait été « concertée » avec Pravind Jugnauth « pour créer une même force ». Le rejet de la demande d’injonction du Dr Madhewoo, Tassarajen Pillay Chedumbrum le voit comme « une deuxième claque magistrale à Pravind Jugnauth » après la première demande du leader du MSM, qui avait été « set aside » par le même juge.
Reprenant les arguments formulés lors d’une précédente conférence de presse pour commenter les demandes d’injonction logées en Cour suprême en vue de contester la nouvelle carte d’identité, le ministre des TIC fait les mêmes reproches au leader du MSM, à savoir de ne s’être exprimé lors des forums appropriés, notamment lors des débats parlementaires à la présentation des amendements apportés à la National Identity Card Act pour introduire la nouvelle carte identité à puce, qui contient les données biométriques du citoyen. « Qui ne dit mot consent… » dit-il, faisant allusion au silence de Pravind Jugnauth.
Le ministre soutient de plus qu’une campagne de « désinformation » est menée « par certains » afin « d’induire la population en erreur », poursuivant que « certaines personnes » essaient d’instaurer un « climat de frayeur » concernant la question de l’utilisation des données biométriques et des empreintes digitales alors que le gouvernement propose un système sécurisé pour protéger davantage les citoyens.
Pour le ministre, cette décision du juge reflète le sort qui sera réservé au main case, logé vendredi dernier par le Dr Madhewoo – et qui sera appelé le 31 octobre prochain – et, probablement, à celui de Pravind Jugnauth, qui devrait être logé incessamment en Cour suprême. « That’s the end of the story (…) The fundamental issue has already been set out in the judgement », a déclaré le ministre, comme pour faire comprendre que ces actions en justice n’ont plus de raison d’être et que, lorsque les procès auront lieu, beaucoup de temps se sera écoulé.
Faisant allusion à un des points contestés par le Dr Madhewoo et ses hommes de loi, le ministre a tenu à préciser « que les personnes âgées n’auront rien à craindre concernant leur pension ». Le ministre, qui dit aller dans le même sens que la position du juge Chan concernant les références faites par le Dr Madhewoo dans la demande d’injonction à la Grande-Bretagne et l’Inde – où les projets de carte d’identité ont été abandonnés –, soutient que les contextes et les lois sont différents.
Enfin, le ministre des TIC a appelé la population à un « geste patriotique » pour s’enregister avant le 15 septembre 2014, selon le calendrier défini pour les tranche d’âges, et ce afin d’éviter des « bottlenecks ». Environ 10 000 personnes se sont enregistrées à ce jour, précise le ministre. Rappelons que pour la tranche d’âge de 18 à 22 ans, 92 000 jeunes sont concernés par l’étape de conversion.