Le Regrupman Travayer Sosyal a réuni la presse jeudi afin d’évoquer ses appréhensions sur la carte biométrique. Ses membres estiment que la nouvelle carte d’identité est « antique » et que les empreintes « ne sont plus fiables ».
Le Regrupman Travayer Sosyal (RTS) poursuit sa campagne de sensibilisation contre la carte biométrique. Selon le RTS, la nouvelle carte d’identité est comparable à « un vol d’informations ». Commentant son cas en cour, qui a été renvoyé pour le 19 janvier, le RTS déclare qu’il n’a plus confiance dans le système judiciaire mauricien, compte tenu du fait qu’entretemps la conversion des anciennes cartes d’identité se fait toujours.
Le RTS soutient que ce renvoi de son cas en cour ne serait qu’une « delaying tactic », une échéance étant imposée à la population par le gouvernement. « Couma dire ena ene couteau embas la gorge banne dimoune. Ils sont contraints de se plier à la carte biométrique au cas contraire ils écoperont d’une amende de Rs 100 000 et cinq ans d’emprisonnement », déclare Eddy Sadien, membre du RTS.
Le RTS s’interroge sur l’empressement de l’État : « Why the rush? Auraient-il des secrets? » se demandent les travailleurs sociaux. « Ils accaparent les donnés personnelles. C’est une violation de la vie privée. Personne n’a vu le card reader. Personne ne sait ce que contiennent ces nouvelles cartes d’identité. Aux dernières nouvelles le ministre Tassarajen Pillay a déclaré que la carte contenait des données médicales. Qu’en est-il de ces femmes qui ont fait un avortement ou qui ont une hystérectomie et qui ne veulent pas que cela se sache? » a fait ressortir le Dr Rajah Madhewoo, porte-parole du RTS.
Et d’attirer l’attention sur les plaintes de certaines personnes qui estiment que leur photo sur la nouvelle carte ne reflète pas leur personnalité. « On leur a dit que la dernière carte d’identité a une photo d’eux quand ils étaient encore jeunes. Ils sous-entendent qu’en vieillissant ces personnes se sont enlaidies. Toutefois, ils ne disent pas qu’ils se sont focalisés sur les yeux de ces personnes ; que c’était cela le plus important… Pourquoi? Auraient-ils des choses à cacher », se demande M. Madhewoo.
Les travailleurs sociaux font ressortir qu’ils ont écrit plusieurs correspondances à l’Union européenne et l’opposition à ce sujet. Ils estiment qu’il est important d’attirer l’attention du public sur cette affaire. « Pourquoi l’opposition ne réagit pas? L’opposition doit rétablir l’équilibre à l’Assemblée nationale. Cependant, elle ne fait pas son travail comme il se doit. Tout poids tombe dans ene sel balance. Manière nou pe guete, gouvernement ek l’opposition pe maryé piké », déplore Eddy Sadien.
Le Dr Madhewoo ajoute qu’il a reçu quelques conseils de Lord Justice Leveson, le Chairman du Sentencing Council. Ce dernier lui aurait dit que les empreintes « ne sont plus fiables » et que contrairement à ce que le gouvernement avance, la carte biométrique n’est pas un signe de modernité, mais plutôt d’antiquité. Il a soutenu qu’en ces temps modernes, « il est facile de copier les empreintes, elles ne sont plus aussi fiables qu’elles étaient dans le temps ». Le RTS  a citer à titre d’exemple Shirley McKie, une policière écossaise qui avait été accusée à tort en 1997 pour un crime qu’elle n’avait pas commis. On avait déclaré qu’elle était une meurtrière, car ses empreintes avaient été retrouvées près du cadavre. Or, elle ne s’était jamais rendue sur la scène du crime.  Par la suite, elle a été acquittée en 1999 quand il a été découvert que les empreintes n’étaient pas les siennes.
Le RTS fait un appel à la population, lui conseillant d’attendre que son cas passe à la cour avant toute conversation de carte d’identité. Il demande une interview sur la télévision et un face-à-face avec le ministre des TIC Tassarajen Pillay et Rao Rama.