La réunion tripartite organisée ce vendredi à la Victoria House par le ministère du Travail et des Relations industrielles en vue de célébrer le 100e anniversaire du Bureau international du travail (BIT) s’est soldée par le “Walk-Out” des syndicats en raison de la présence des membres de Business Mauritius.

Les syndicalistes soutiennent qu’ils ne peuvent s’asseoir à la même table que Business Mauritius car ces derniers se montrent réfractaires à certaines dispositions du Workers Rights Bill et l’Employment Relations (amendment) Bill. Du coup, la réunion de ce vendredi, présidée par un haut fonctionnaire, s’est poursuivie sans la présence des syndicalistes de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé et Public, de la General Workers Federation, de la National Trade Union Confederation, de la Federation des Travailleurs Unis, de la Federation of Civil Service and Other Unions et de la Federation of Progressive Union – ces syndicats étant regroupés au sein d’une plate-forme commune.

Interrogé à la sortie de la réunion, Atma Shanto, président de la FTU, a déclaré que les membres de cette plate-forme sont invités aujourd’hui dans le cadre de cette célébration. « Cette réunion devait être présidée par le représentant du directeur du BIT. Mais à notre grand étonnement, c’est un haut cadre du ministère qui a présidé celle-ci. Nous avons pris connaissance que la réunion avait déjà démarré en l’absence du mouvement syndical. Nous vivons actuellement un conflit avec Business Mauritius sur les deux nouveaux projets de loi quant à la réforme des lois du travail. Business Mauritius continue à s’adonner aux lobbies en disant qu’il faut davantage de consultations. » Il poursuit : « Nous ne comprenons pas leur prise de position car il faut savoir qu’ils avaient refusé de donner leur mémorandum dans le comité technique qui avait démarré les auditions en 2015; nous considérons ainsi qu’il ne serait pas approprié de s’asseoir avec Business Mauritius car ils ne croient pas dans des dispositions qui protègent les travailleurs. » Atma Shanto souligne par ailleurs: « Nous sommes prêts à discuter avec le ministère du Travail sur la célébration du 100e anniversaire du BIT mais en l’absence des membres de Business Mauritius. »

Pour sa part, Clency Bibi (GWF) affirme : « Nous ne sommes pas d’accord avec la façon dont le gouvernement se propose d’appliquer le Portable Retirement Gratuity Fund. Il faut savoir que les travailleurs qui disposent déjà d’une pension privée seront les plus grands perdants. C’est à la lumière des retombées de nos propositions que nous, au sein de la GWF et du JNP, allons décider si nous allons prendre part dans la réunion tripartite organisée par le ministère du Travail et des Relations industrielles pour célébrer le 100e anniversaire du BIT. Nous n’avons pas le coeur à la joie en ce moment. » Et de s’interroger par là même : « Pourquoi faut-il célébrer l’anniversaire de BIT dans un moment pareil ? »
Narendrananth Gopee, de la NTUC, soutient, lui, que les fonctionnaires sont préoccupés avec le fait qu’ils ne peuvent pas déclarer un « labour dispute » lorsqu’ils ont signé un Option Form. Il estime qu’il faut enlever cette disposition et permettre l’application du concept de bargaining dans la Fonction publique. « Les fonctionnaires n’ont pas droit à un fair treatment avec les lois actuelles. Il faut enlever cette section pour que nous puissions contester le rapport du PRB à l’avenir », a-t-il dit.

La FPU, par le biais d’Ivor Tan Yan, affirme que Business Mauritius est à ce jour en faveur des contrats de travail délimités dans le temps. Ce qui fait qu’ils peuvent mettre à la porte des travailleurs à n’importe quel moment, parfois pour éviter de payer le boni de fin d’année. « Ils veulent faire un usage abusif des contrats à durée déterminée », a-t-il mis en exergue.

Jane Ragoo a, quant à elle, déclaré que la CTSP a décidé de bouder la réunion tripartite car les travailleurs n’ont pas le cœur à la fête en ce moment. « Pourquoi donc devrions-nous célébrer le 100e anniversaire du BIT dans ce sens? Les travailleurs ont besoin des lois qui protègent les travailleurs, et le gouvernement Lepep avait promis de venir de l’avant avec ce projet », a-t-elle conclu.