Le syndicaliste Rashid Imrith a axé sa première intervention devant l’assemblée générale de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur cinq thèmes majeurs. Cette 106e session de l’OIT se déroule actuellement à Genève, le représentant mauricien ayant fait son intervention en fin de semaine dernière pour réclamer une enquête de cette instance internationale au sujet de la pratique de Collective Bargaining à Maurice. Il a également commenté la décision du gouvernement visant à instituer un National Minimal Wage avec la mise sur pied d’un National Wage Consultative Council tout en plaidant pour le maintien des consultations tripartites.
Au chapitre du Collective Bargaining, Rashid Imrith n’y est pas allé de main morte. « I appeal for the International Labour Office to investigate into the violation of ILO Convention 98 of 1949 on the Right to Organise and Collective Bargaining which has been ratified by Mauritius.  Collective bargaining is regressing drastically in the Private Sector and is inexistent in the Public Sector », a-t-il déclaré au tout début de son discours.
Le président de la Government General Services Union (GGSU) a accueilli favorablement le projet annoncé d’un salaire minimal national. « Cette démarche constitue un pas dans la bonne direction pour le travail décent. Nevertheless, the minimum wage is not an end in itself », devait-il ajouter. Et de lancer un appel pour que le concept de National Minimum Wage ne relègue pas au second plan, au risque d’éliminer, les tripartites décidant de la compensation salariale suite à la hausse du coût de la vie.
« Correction of disturbance of salary relativities to sustain a dynamic labour force or indirect salaries to prevent the collapse of vulnerable economic stakeholders should be addressed to uphold sustainable economic and social cohesion », devait-il s’appesantir à ce chapitre avant d’évoquer les conséquences néfastes de la globalisation et du réchauffement climatique. « We are already bearing a Climatic injustice where offenders are having an upper hand in making victims pay for offences against the environment and global climate.  This is inequitable.  The advent of green collar jobs as an inhibition to curtail climate change should not become a hazard to the employment the more so of the socially vulnerable workers », a-t-il dit.
Rashid Imrith a mis en exergue les retards accusés par le gouvernement pour l’élaboration d’une Employment Policy, et apporter des amendements à l’Employment Relations Act, à l’Employment Rights Act et à l’Occupational Safety and Health. Il a aussi souhaité voir le Bureau international du travail exercer de la pression sur le gouvernement pour se conformer aux dispositions de la Maritime Labour Convention 2006 avec l’adoption d’un Labour Maritime Bill et un Merchant Shipping Bill.
En conclusion, Rashid Imrith a évoqué une série d’obstacles à surmonter sur la voie de Decent Work and Social Justice à Maurice, soit « Ignorance of Ratified ILO Convention 156 on Workers with Family Responsibilities, Threat to universal old age pension in view of Pension Reforms, Precarious work due to very short term individual work contracts, Increase in unemployment rate due to the use of Artificial Intelligence to replace human labour, High level household debt impoverishing the Middle Class and Threat of the Youth Employment Programme to the creation of sustainable employment ».