Le black-out, qui a affecté le pays le mardi 13 décembre 2011 de 11 h 41 à 15 h 30, heure à laquelle la fourniture électrique avait été rétablie, a mis en exergue de graves déficiences au sein du Central Electricity Board (CEB). C’est du moins ce qui découle du rapport Hébrard, qui évite, néanmoins, de se lancer dans un Blame Game au sujet des responsabilités pour le long délai pour un retour à la normale après une panne générale. Ce rapport concède que des mesures urgentes et structurelles s’imposent pour faire l’économie d’une nouvelle répétition pour le compte du CEB d’une telle situation dramatique.
Même si le rapport déposé par le Premier ministre adjoint et ministre des Utilités publiques, Rasheed Beebeejaun, sur la table de l’Assemblée nationale laisse tout un chacun sur sa faim quant aux véritables responsables, il met l’accent sur la gravité de la situation des urgences au CEB. « In the light of facts as highlighted in this report, it will be obvious that overall responsibility rests with officers at all levels of hierarchy, from operators to officers at management level, and the way forward is to rather now focus on necessary and timely corrective measures to be taken by all concerned to avoid a recurrence of this situation which can be very dramatic for CEB », maintient le rapport d’un point de vue général.
L’un des principaux manquements relevés le jour du black-out et dans les problèmes pour le rétablissement de la fourniture d’énergie électrique demeure l’absence de Key Resource Personnel à des positions importantes lors des urgences. « It is clear that the presence of key resource persons with more experience in the electrical reticulation systems at System Control, Fort-George, St-Louis would have enabled the system rehabilitation to take place more quickly », soutient le rapport Hébrard.
Plus loin, Gérard Hébrard, deputy general manager, qui avait pour assesseurs V. Jhummon, et Y. Appasamy, regrette que « it is noteworthy, however, that those key experienced personnel who have been exposed to such critical situation were not available to assist operation as used to be the case in the past ».
Commentant la séquence des événements sur le réseau du CEB à la mi-journée du 13 décembre, le rapport Hébrard révèle que « many factors have hampered the smooth and timely restoration of supply and major deficiencies were experienced which require urgent redress to avoid a more dramatic scenario in the future. The absence of regular and systematic black start tests is a major factor which explains that the deficiencies were only uncovered during a real event ».
Une des conséquences directes de cette absence de preparedness et d’instructions pour affronter ces situations d’urgences est que les membres du personnel du CEB ne savent même pas à quelles stations se rapporter dans l’éventualité d’un « major breakdown ». Pour rémedier à la situation, le rapport Hébrard préconise l’élaboration d’un Emergency Roster avec des détails précis sur la marche à suivre.
La vétusté des équipements, en particulier les Circuit-Breakers du CEB, est également mise en cause dans le long délai pour le rétablissement de la fourniture d’énergie électrique le 13 décembre de l’année dernière : « In virtually all such deficiencies, problems were registered with the actual electrical hardware (the circuit-breakers) which failed to operate. »
Le rapport relève qu’au moment de la panne générale, 31 circuit breakers étaient tombés en panne avec une quinzaine sur le réseau principal de 66 kV et recommande que « priority be given for the replacement of old/ageing equipements with modern equipment starting with substations having concentrated/transmission capacituy (high fault levels) and then gradually proceeding towards the end of the network ».
Le rapport Hébrard dissèque l’état de la situation au niveau des centrales thermiques du CEB en vue d’identifier les zones d’ombre alimentant la situation de catastrophe :
Champagne : Initialement, une erreur humaine est à la base d’une première vaine tentative de réarmement électrique de cette centrale. Des tests effectés subséquemment confirment qu’après le remplacement des équipements avec une nouvelle reconfiguration, « no black start test was unfortunately performed after that change ».
Nicolay : Les batteries pour la turbine No 3 de la centrale thermique avaient dépassé leur limite d’âge de 20 ans faisant que « unit No 3 failed to start on account of ignition failure » alors que les problèmes survenus à la turbine No 1 n’ont pas encore été résolus ».
Fort-George : « Operation failed on account of the absence of proper personnel well versed with the electrical reticulation associated with the units as well as difficulty with hardware which need to be checked/replaced ». Des batteries sur les unités Sulzer n’avaient pas été remplacées depuis 20 ans déjà, soit depuis 1992, alors que des vérifications sont impératives tous les trois ans.
St-Louis : Absence d’un Senior Technical Officer en congé ce jour-là à la centrale : « Nobody else present was sufficiently conversant with the procedures and electrical power reticulation. »
Fort-Victoria : Aucun black test sur les deux nouvelles unités installées depuis 2010.
Le rapport Hébrard soumet également des recommandations pour une présence plus active des Independent Power Producers (IPPs) dans des situations de panne générale. « The IPPs generally take a very long time after a general breakdown to be back in operation, the more so that none of them in spite of their capacity, have been imposed contractually to have a black start capability through adequate stand-by sets », note le rapport, qui recommande des mesures correctives urgentes à la Centrale Thermique de Belle-Vue et à la Centrale Thermique de Savannah.