Après un an de silence musical, Blackmen Bluz présente Tir Bouson, une galette de deux titres. Qui sera lancée le 3 décembre au Trianon Shopping Park, lors d’une séance de dédicaces et d’un concert acoustique, de 14h à 18h. Blackmen Bluz est de retour avec un nouveau son.
Avec la publication du single Tir Bouson, Blackmen Bluz envoie un signal musical pour dire qu’il est encore là. Il distille un avant-goût de ce que sera son deuxième album, donc la sortie est prévue pour avril/mai 2012.
Même s’il n’est plus dans la lumière, préférant l’arrière-scène pour mettre en forme ses nouvelles idées et ses compositions, Blackmen Bluz souligne qu’il ne chôme pas. “On bosse encore plus dur qu’avant.” Et pour arriver à poser ses nouvelles inspirations sur bande, le groupe devait se retirer, s’isoler, pour éviter de tomber dans le piège de la facilité et pondre une deuxième galette qui sonne comme le premier.
Nouvel élan.
À la première écoute des deux titres qui figurent sur Tir Bouson, on note que le combo de Mahébourg a consacré beaucoup de temps à la recherche musicale.
Un vent d’Afrique souffle sur les accords blues des Blackmen. Une porte s’ouvre pour permettre à sa musicalité de s’enrichir. Nourri par ses voyages musicaux, ses rencontres et ses expériences, surtout à l’île soeur, le groupe a marqué un moment de silence dans sa carrière pour se fixer de nouveaux objectifs. Résolument porté par un désir de proposer une musique qui reflète son état d’esprit, qui soit cohérent avec son discours, Blackmen Bluz s’est retiré de la scène pour “respirer et prendre un nouvel élan”.
Pause.
Après un premier disque, une tournée locale et des sorties réunionnaises, notamment au Sakifo, le combo de Lionel Permal devait marquer une pause pour souffler un peu et faire le point sur la direction du groupe. “On devait repartir à la recherche de soi, pour éviter de se perdre dans des zones d’ombres”, affirme Zoulou. Existait aussi cette volonté d’aller vers une quête musicale. Peaufiner ce qui était déjà en place, faire un perfectionnement personnel et aller vers une maîtrise de son instrument. “Cet an de silence nous a donné plus confiance en nous et en notre musique”, poursuit le chanteur. Cela a aidé le groupe à poser des bases solides et à trouver la direction à prendre pour affirmer ses idées.
Le groupe oriente sa route vers la positivité. Il évite de s’engouffrer dans des conflits et ne jure que par la simplicité des choses. Blackmen Bluz a pris son temps pour définir son style. “La musique de BMB est guidée par les émotions. Elle va du rire aux larmes, de la tristesse à la colère. Elle vit comme un être humain avec toutes ses joies et ses peines. Nous voulons que notre musique se consume naturellement. Qu’elle ne soit pas dictée par une tendance ou un phénomène.”
Direction.
La réflexion de BMB ne s’est pas faite juste autour de la création musicale ou de son orientation. Le groupe s’est aussi penché sur le plan de carrière et la structure d’une cellule pour mener à bien ses aspirations. Le développement du groupe passe par cette étape. Les exigences sur la scène internationale imposent un niveau de structuration très élevé pour réussir à retenir l’attention. “Sans structure, un groupe ne peut plus avancer. Il devient important d’avoir une bonne gestion pour mener à bien des projets à long terme ou à court terme”, souligne Lionel Permal.
Le titre de ce projet est une façon pour dire au peuple de permettre à notre musique de vivre, de s’évader et de s’ouvrir à autre chose. De donner la chance à cette richesse musicale de s’émanciper pour plus de liberté. C’est aussi un message, une revendication culturelle pour ne pas ignorer qui on est et d’où l’on sort. On ne peut ignorer ses origines, sa culture, ses traditions. On est conditionné par ces éléments et c’est à travers eux qu’on s’identifie pour se construire et avancer. “Notre culture est plus riche que l’on croit, si nous parvenons à faire abstraction de toutes les distinctions de races et de communautés. Nous sommes dans le même bateau. C’est cette mentalité que nous voulons promouvoir. Accepter ce qu’on est et le vivre pleinement.”
Influences.
Ces deux titres, un avant-goût du deuxième opus, ne résume pas totalement la musique de BMB. Sa musique est plus ouverte, plus réceptive à d’autres influences. “Notre richesse musicale, c’est cette différence. Nous ne nous limitons pas à un genre.” Sur le single, Tir Bouson vous entraîne avec ce rythme ternaire du séga qui tangue sur les vagues de Mahébourg, avec des influences de ragtime ou de biguine portées par une voix de tribu d’Afrique. “Cette musique est venue avec beaucoup d’émotions. On ne la cherche pas, on la ressent et on l’exprime. Le rythme est naturel. On ne le force pas, sinon il perd son authenticité”, précise Zoulou.
Le deuxième titre, Blue Bay Blues, est un hommage à la vie paisible face à la mer. “Un blues des îles”, comme le résume Zoulou. Une tradition qu’on cultive toujours à Mahébourg, où la relation avec la mer est source d’inspiration. Sur les côtes de Blue Bay, sous les arbres d’un badamier, on joue, pendant que courent les enfants et que chante la mer. “E nou, nou ti pe zwe zwe zwe… Pa fer lager, fer lamizik.”
Tout en assurant la promotion de ce single, le 3 décembre, Blackmen Bluz peaufine et termine aussi son deuxième opus en studio chez Kapricorn (Richard Hein). C’est d’ailleurs dans ce studio que les deux titres ont été enregistrés. “On se donne encore du temps pour les derniers ajustements sur l’album avant de livrer un disque à la hauteur des attentes du public.”
En attendant, Blackmen annonce un concert avant la fin de cette année pour la promo du single et celle du prochain album.