Pour la première fois de sa carrière, Blakkayo sera en concert solo le 4 décembre prochain au stade Kaya à Roche Bois. Un retour aux sources pour le chanteur, qui a passé une partie de son enfance dans cette banlieue port-louisienne. Scope l’a rencontré alors qu’il enregistrait un morceau au studio Kapricorn à Pereybère.
Blakkayo, c’est un style à part. Ses morceaux, sa gestuelle et ses prestations scéniques font de lui un personnage très populaire dans le milieu de la musique locale. Sa notoriété a franchi un nouveau palier cette année avec sa présence dans les dix premiers du concours organisé par Radio France Internationale (RFI).
Malgré toute cette agitation, l’homme ne semble pas avoir la grosse tête. Vêtu simplement d’un t-shirt, d’une paire de jeans et d’une paire de tennis, il se présente à nous avec le plus grand respect. Ses lunettes de soleil, qui ne le quittent presque jamais, ne constituent pas pour autant une barrière entre son interlocuteur et lui.
Respect.
“Big up”, lance-t-il, en nous serrant la main à sa manière. Un rituel qui se termine par une petite tape sur le coeur, signe de respect. Nous sommes surpris de la timidité qu’il affiche. Il nous avoue qu’il est un garçon plutôt réservé en dehors de la scène. “Je suis un peu timide. Et encore, je me suis un peu amélioré. Avant, je n’aimais pas être sur le journal, passer à la télé ou à la radio. Je voulais seulement être en studio et sur scène. Ce sont les producteurs qui m’ont dit que les fans ont le droit de savoir qui je suis. Je me suis alors plié à cette requête”, confie-t-il en souriant.
De son vrai nom Jean Clario Gateau, Blakkayo raconte qu’il a mis du temps avant de se trouver un nom de scène. “Les gens ont commencé à me surnommer Yo parce que je faisais du rap au début. Il y a toujours des gens qu’ils m’appellent Yo. J’ai essayé de trouver un nom de scène à partir de ce Yo. J’ai pensé à Blackyo au début, mais lorsque je chantais, ça ne collait pas. C’est alors que le surnom Blakkayo m’est venu à l’esprit, et je l’ai conservé.”
Messager.
Conscient du poids de ses paroles sur les gens, Blakkayo, même s’il ne l’avouera pas, se sert de sa notoriété pour faire passer des messages positifs, que ce soit en solo, au sein d’OSB ou de Soldat Kazbad. “Depi lontan mo enn solda OSB. Nou fer bann konba sosial. Blakkayo an solo, li plito
enn mesaze lamour respe, sinserite, lape. Mo kontan amenn bann konsey, enn bann lespri pozitif dan latet bann dimounn, enn mesaz iniversel.”
Combat qu’il mène depuis ses débuts à OSB, lui qui fut longtemps membre du fan club de ce groupe. “J’adorais la musique de STB, comme on le surnommait à l’époque. Lorsque je suis allé vivre à Rose-Hill, j’ai intégré le groupe suite à l’invitation de ses membres, qui savaient que j’avais écrit quelques morceaux.”
Lorsqu’on jette un oeil sur le parcours du chanteur, on s’aperçoit qu’il est en constante évolution. Du rap au ragga puis au reggae, seggae et dancehall, Blakkayo a abordé plusieurs styles. Cette évolution s’est poursuivie avec les trois albums solo qu’il a faits jusqu’ici. “Pou mwa, se enn trilozi. Kan nou met sa 3 album-la ansam ki li rakont sa zistwar-la.”
Même sa chevelure a connu une évolution, avec des locks qu’il arbore depuis maintenant trois ans. “Je ne porte pas des locks pour épouser la philosophie rasta mais plus par convenance. Comme mes cheveux étaient déjà longs, je les faisais tresser. Pour plus de facilité, je me suis dit que je vais conserver les locks.”
Bon vibrasion.
Avec l’évolution de sa carrière, il est tout naturel que Blakkayo veuille organiser son propre concert, qui s’intitule Love N Respect, comme son dernier album. “J’ai fait beaucoup de scènes mais jamais de concert solo. Je le dois à mes fans. À chaque fois, on me demandait : à quand mon concert solo ? Le jour est enfin arrivé. Sa fer mwa mari plezir pou al zwe laba; se landrwa-la kinn swazir mwa. Sa fer mwa plezir kan mo tann dir tou bann dimounn Roche Bois pe atann mwa vini. Mo trouv mwa koumadir pe pas dan moman kouma bann artis kouma Kaya ti pe pase ler li fer konser laba. Se enn gro lankourazman. Mo dir piblik : vini, nou met enn bon vibrasion dan Roche Bois.”
Le concert réunira d’autres artistes, qui assureront la première partie : Ziakazom, Tian, Blackowes, Clarel Armel et Solda Kazbad (groupe qu’a formé Blakkayo, il y a 5 ans). Les organisateurs annoncent qu’une chorégraphie spéciale habillera les chansons de Blakkayo et les messages qu’il véhicule. Chorégraphie dont s’occuperont Eva Dalais, Thabo Legrand et Cécile Gonzalès, sous la supervision de Giovanni Bouton.
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Billetterie
Le concert Love N Respect se tiendra le dimanche 4 décembre au stade Kaya à Roche Bois. La première partie débutera à 17h et durera une heure et demie. Elle sera suivie par une animation musicale assurée par DJ Kingdom, DJ Did Steph et Mr Love. Blakkayo prendra la relève à partir de 19h30, et ce jusqu’à 22h. Les billets, à Rs 200 en prévente, sont disponibles dans les magasins suivants : Otentikk Paradize Burning, Harbour Music, Roots Collection, Meli Melo, Dodo Music et Habit. Ils coûteront Rs 250 le jour du concert.