La magistrate Wendy Rangan, siégeant en Cour intermédiaire, a rendu son verdict aujourd’hui dans le cadre du procès intenté à Shoshimala Jukhoop, poursuivie par l’ICAC pour blanchiment d’argent issu d’un trafic de drogue. Cette habitante de Riche-Mare, Flacq, devra s’acquitter d’une amende de Rs 480 000, soit Rs 60 000 pour chacun des huit chefs d’accusation pesant sur elle. Ses deux comptes bancaires ont par ailleurs été gelés.
Shoshimala Jukhoop, âgée d’une cinquantaine d’années, était poursuivie en Cour intermédiaire sous huit chefs d’accusations de blanchiment d’argent en violation des sections 3(1)(a)(b), 6(3) et 8 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act. Il lui est reproché d’avoir blanchi Rs 800 000 à travers ses comptes à la Barclays Bank et la Mauritius Commercial Bank « where there were reasonable grounds to suspect that the sums were derived in part directly from drug dealing ». Lors de sa comparution aujourd’hui, la juge Wendy Rangan lui à fait savoir que la Cour avait pris en considération son casier judiciaire vierge et le fait qu’elle ait peu de revenus. La Cour devait aussi prendre en compte la plaidoirie de son avocat, qui déplorait le délai pris dans cette affaire, précisant que le délit a été commis entre 2008 et 2009, que la plainte a été logée en 2011 et que le procès vient de tirer à sa fin, soit 6 ans au total. La juge devait toutefois statuer que le délai entre la date où la plainte a été logée et la fin du procès n’était « pas conséquent ». De plus, elle devait rappeler la gravité du délit. Devant les preuves présentées, la Cour a ainsi infligé à l’accusée une amende de Rs 60 000 pour chacun des huit chefs d’accusation, ordonnant en outre que ses deux comptes, à la Barclays et à la MCB, soient gelés.
Shoshimala Jukhoop avait mentionné qu’elle travaillait comme femme de ménage ainsi que dans une plantation de légumes, ce qui lui rapportait environ Rs 3 000 par mois, faisant dire à la magistrate que ce montant ne concordait pas avec celui de ses comptes en banque, et ce même si l’accusée avait déclaré qu’une partie provenait de la vente de légumes et que l’autre lui avait été donnée par ses proches, version « non crédible » selon la juge. Cette dernière avait aussi pris note qu’une somme de Rs 200 000 avait été transférée par l’accusée sur le compte d’une tierce personne et que, confrontée à ces faits, l’accusée avait affirmé qu’elle « ne savait pas pourquoi » elle l’avait fait. De fait, la magistrate a ainsi estimé qu’il y avait bien eu blanchiment d’argent.