Poursuivie par l’Independent Commission against Corruption (ICAC), Yoshika Audit, esthéticienne, avait été reconnue coupable par la Cour intermédiaire sous cinq charges de blanchiment d’argent. Le magistrat Azam Neerooa l’avait condamnée le 26 mars 2014 à payer une amende de Rs 235 000 pour les cinq charges et avait également ordonné la saisie des biens qu’elle avait hérités de son défunt époux, dont des terres et des voitures. Cette veuve d’un ex-employé de banque a été reconnue coupable de complicité des activités frauduleuses de son défunt mari et d’avoir en sa possession Rs 613 350, somme que ce dernier avait détournée d’une banque où il était employé. Elle avait fait appel de sa condamnation. Si la Cour a réduit l’amende imposée à Rs 110 000, elle a toutefois maintenue la saisie de ses biens.
Les juges Saheeda Peeroo et Gaytree Jugesur-Manna, siégeant en appel, ont en effet estimé qu’il y avait suffisamment de preuves pour que le magistrat de la Cour intermédiaire puisse conclure que Yoshika Audit était au courant des activités illégales de son défunt époux. « We are therefore satisfied that there were sufficient evidence before the Magistrate to conclude that the appellant knew and suspected throughout that her husband was involved in fraudulent actions at Ivy Leathers Co Ltd where he was working », ont souligné les juges dans leur arrêt. Compte tenu du temps que le procès a pris, les juges ont toutefois réduit l’amende imposée à Rs 110 000. La saisie des biens, dont des terres et des voitures, est en revanche maintenue. Yoshika Audit avait fait appel de sa condamnation, arguant qu’elle n’avait pas eu droit à un procès équitable, car son époux n’était plus en vie et qu’il ne pouvait donc témoigner en Cour.
Le 26 mars 2014, Yoshika Audit avait écopé d’une amende de Rs 235 000 et la Cour avait ordonné que ses biens soient saisis, en l’occurrence des terres à Goodlands, deux voitures ainsi qu’une forte somme d’argent qu’elle aurait obtenue des activités illégales de son défunt époux. En prononçant la sentence, le magistrat Azam Neerooa s’était attardé sur l’importance de priver la jeune femme de ses biens, qu’elle aurait obtenus par des moyens frauduleux. Yoshika Audit était poursuivie par l’ICAC sous cinq charges de blanchiment d’argent, en violation avec les articles 3, 6 et 8 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act 2002. On reprochait à cette esthéticienne de 26 ans d’avoir eu en sa possession des biens ainsi que de l’argent provenant d’un acte frauduleux. Elle avait également acquis une portion de terre à Goodlands, qui aurait été frauduleusement obtenue par son défunt mari Chabeelall Audit, alors qu’il était employé à la Banque de Développement. Par ailleurs, elle avait conservé deux voitures ainsi qu’une somme de Rs 613 350, qui proviendraient également des activités illicites de son époux. Elle avait plaidé non coupable des cinq charges retenues contre elle. ?Pour sa défense, Yoshika Audit avait déclaré qu’elle n’était pas au courant que son mari avait acquis son argent ainsi que ses biens par des moyens illégaux et qu’elle n’avait même pas connaissance des salaires qu’il percevait. Dans son jugement rendu le 26 février, le magistrat Azam Neerooa avait fait ressortir que son défunt mari percevait un salaire de Rs 17 470 au moment où il avait soumis sa démission de la banque, et que bien que son épouse prétendait ne pas être au courant de ses revenus, elle connaissait néanmoins les moindres détails des dépenses du ménage alors qu’elle engrangeait elle-même pas plus de Rs 10 000 par mois. « During that short period of time, and bearing the figures given by the accused herself, their expenses were well above one million rupees. Could she believe that whatever she has in her possession was commensurate with what the couple earned. The answer to a reasonable bystander is clearly in the negative », avait souligné le magistrat.