L’Independent Commission Against Corruption est sur le point de démanteler un important réseau de blanchiment de fonds avec des « reçus de gains de complaisance » de bookmakers. Dans un premier temps, l’enquête de l’ICAC mise sur des fonds de plus de Rs 25 millions blanchies par cette filière du Champ-de-Mars avec des courses hippiques du Mauritius Turf Club en toile de fond. Cette pratique illégale pourrait être plus étendue que l’on pense. A la mi-journée, des limiers de l’ICAC ont effectué des perquisitions aux domiciles de six bookmakers, impliqués dans ces opérations alors que plus d’une douzaine d’autres demeurent dans le collimateur avec des Warrants en bonne et due forme prêts à être exécutés.
Lors de ces descentes, l’ICAC a procédé à  la saisie de documents compromettants pour étayer le Modus Operandi de ces reçus de complaisance de même que des équipements informatiques.  A ce stade, aucune arrestation n’a été effectuée mais les bookmakers seront convoqués incessamment pour des interrogatoires Under Warning. Certains des bookmakers concernés ont déjà signifié leur intention de collaborer avec l’ICAC dans cette enquête.
L’ICAC a approfondi la piste des bookmakers avec des suspects incriminés dans des cas de Money Laundering produisant de manière systématique des photocopies de gains de plus de Rs 200 00 en vue de justifier leur Unexplained Wealth. Compte tenu que ce scénario s’est répété dans une dizaine d’enquête de blanchiment avec un minimum de Rs 25 millions jusqu’ici, l’ICAC a établi une liste de ces bookmakers, qui « vendent ces reçus de gains déjà payés à d’autres turfistes» à des trafiquants de drogue principalement. De cette liste, les noms de six bookmakers émergent comme étant ceux, dont les services de blanchiment sont les plus prisés. D’où l’opération de ce mardi après-midi.
Quel est le Modus de ces reçus de complaisance ? Les recoupements d’informations effectués par lemauricien.com indiquent que dans la pratique, des reçus pour des gains de moindre importance, soit avce des mises de Rs 100 ou ds gains allant jusqu’à Rs 10 000, sont tamponnés et « spiked » au moment du paiement par le préposé du bookmaker.
Par contre pour des gains de Rs 50 000 et surtout pour des sommes de l’ordre de Rs 200 000, le commis du book produit le reçu gagnant au bookmaker, qui ordonne simplement  le paiement. Mais le reçu n’est pas tamponné mais gardé intact par le bookmaker en personne.
Ce n’est qu’après la journée des courses qu’opéreront les transactions illégale de Money Laundering. Le réseau de trafiquants prend contact avec les bookmakers pour racheter ces reçus de gains contre paiement de 10 à 15% du montant inscrit sur le reçu déjà payé. Ainsi, avec un reçu de Rs 200 000, le trafiquant aura fini de blanchir Rs 170 000. Et cette opération se compte millions. Et le bookmaker récupère Rs 30 000 à son compte. Les deux parties sont gagnantes.
Mais le hic de la formule de blanchiment est que le bookmaker ne remet au suspect qu’une photocopie du reçu, jamais l’original,  gardant l’original en sa possession. Lors des perquisitions de cet après-midi, ces documents en original ont été saisis en tant qu’Exhibits  par les hommes du commissaire Navin Beekarry, qui a levé le voile sur un des volets de blanchiment, avec cette même formule était appliquée dans des maisons de jeu et des casinos.
Affaire à suivre avec les bookmakers avertis qu’ils sont sous surveillance stricte…