À partir de juillet 2012, c’est l’ancien ministre mauricien des Affaires étrangères, et ancien directeur général du groupe de presse La Sentinelle, Jean-Claude de l’Estrac, qui assumera les fonctions de secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI), l’organisation qui regroupe Maurice, La Réunion, Madagascar, les Comores et les Seychelles. Le choix de Jean-Claude de L’Estrac pour succéder à l’actuel titulaire du poste, le Seychellois Callixte d’Offay, a été avalisé au cours du deuxième Conseil des ministres de la COI, qui s’est tenu à l’hôtel Sofitel à Flic-en-Flac, vendredi dernier.
La candidature de Jean-Claude de l’Estrac a été proposée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui l’a défini comme un choix « amplement justifié ».  « M. de l’Estrac est non seulement un fanatique de la coopération régionale, mais il a également été un des pères fondateurs de la Commission, et il s’est intéressé à son développement depuis une trentaine d’années », a déclaré le Premier ministre.
En ce qui a trait à la présidence de la COI, après l’actuel ministre mauricien des Affaires étrangères, Arvin Boolell, c’est son homologue seychellois, Jean-Paul Adam, qui prendra la barre. Dans son allocution, M. Adam a affirmé « avoir constaté intérêt et enthousiasme, qui témoignent de la volonté commune des partenaires de la Commission d’aller de l’avant  ». « Soyez assurés que la présidence seychelloise ne ménagera aucun effort pour constituer avec le secrétaire général et tous ses collaborateurs, et avec vous aussi, mes aînés, un groupe solidaire et cohérent », a-t-il ajouté.
Faisant part de son appréciation personnelle de l’évolution de la Commission de l’Océan Indien à ce jour, Jean-Paul Adam a affirmé avoir tiré deux enseignements des présidences précédentes. D’abord, selon lui, « la Commission n’avance que lorsque l’intérêt de tous l’emporte sur les préoccupations nationales et, ensuite, la COI ne donnera toute sa mesure que si on fait des valeurs partagées de la gouvernance et de la démocratie des accélérateurs d’intégration régionale, au service de nos peuples, dans le seul souci d’améliorer leur niveau de vie. »
Le nouveau président de la Commission s’est engagé à mettre en oeuvre des recommandations adoptées par les experts qui avaient participé à un colloque tenu en 2008 à Victoria (aux Seychelles) sur le thème Mondialisation et Intégration régionale : l’avenir de la COI.
Ces recommandations – en fait, une stratégie de recentrage de la COI sur la coopération insulaire dans une perspective de développement durable – se fondent sur :
• l’identification par les États membres de projets communs en matière de développement pouvant bénéficier de financement ;
• l’accroissement des échanges économiques entre les États par la facilitation de la circulation intra-régionale des opérateurs économiques ;
• une stratégie de développement du secteur privé avec le concours des Chambres de commerce ;
• l’implication de la société civile, notamment le secteur privé et la jeunesse, dans les affaires de la COI et, enfin,
• le renforcement de la coopération entre les autorités d’aviation civile et les compagnies aériennes des États de la Commission.
Dans ce même ordre d’idées, les experts avaient souligné la nécessité d’accélérer des projets qui connectent les îles dans les domaines de la recherche ou du sauvetage en mer. Un de ces projets d’envergure a fait l’objet d’une étude dont les conclusions sont actuellement entre les mains de la Banque Africaine de Développement (BAD). Il s’agit de la mise sur pied d’une compagnie maritime commune, que Jean-Claude de l’Estrac dit également vouloir voir aboutir.