« Nous ne pouvons plus continuer à prélever du sang aveuglément. Il nous faut diminuer les prises de sang à travers les caravanes dans les rues. » C’est l’avis du président de la Blood Donors Association (BDA), Obeidullah Wohedally, qui se désole que 864 pintes de sang contaminé ont dû être mises au rebut en 2015, selon le dernier rapport du Blood Transfusion Service. Il vaut mieux, soutient-il, que les collectes de sang soient organisées dans des endroits familiers aux organisateurs, « qui connaissent mieux les potentiels donneurs et leur état de santé ».
La Blood Donors Association est une organisation bénévole dont l’objectif est de sensibiliser la population sur l’importance du don de sang. Elle recrute des donneurs, organise des dons de sang et encourage des entreprises à en faire de même. « L’association a pris naissance en 1998, à une époque où un manque de sang se faisait ressentir par les patients. Ceux-ci devaient se rendre à l’hôpital Victoria, à Candos. Certaines personnes donnaient leur sang moyennant un paiement tandis que d’autres pleuraient du fait de la difficulté qu’ils rencontraient pour s’en procurer. Nous avons dès lors contacté des entreprises pour collecter du sang. C’est ainsi que nous avons démarré. Aujourd’hui, nous couvrons toute l’île à travers 400 organisations, allant des banques à des entreprises qui programment des collectes. Nous faisons le maximum pour motiver ces organisations », relate Obeidullah Wohedally.
Mais l’année dernière, souligne-t-il, 864 pintes de sang ont été mises au rebut car elles n’étaient pas saines. « Nous essayons de diminuer la collecte dans les rues à travers les caravanes. Il y a des personnes qui arrivent, qui sont malades et qui décident, sciemment ou inconsciemment, de donner leur sang », affirme Obeidullah Wohedally. De fait, il est mieux, selon lui, que les organisateurs recrutent des donneurs de leur localité, qu’ils connaissent mieux. En dépit des fiches que les donneurs sont invités à remplir pour préciser leur style de vie et pour indiquer s’ils souffrent d’une maladie quelconque, le risque de récolter du sang contaminé n’est pas à écarter. Ainsi, juste après le don de sang, la pinte est acheminée vers la banque de sang, où sont effectués une série de tests afin de séparer le sang sain de celui qui est contaminé.
Une personne en bonne santé, ajoute-t-il, peut donner son sang quatre fois par an. Selon Obeidullah Wohedally, « quand on donne son sang, on fait un “servicing” avec son corps ». Il est estimé qu’environ 2% de la population seulement font don de leur sang, alors qu’il faudrait au moins 5% pour récolter un stock suffisant. Certains en font toutefois don régulièrement, ce qui permet pour l’heure de pallier le manque.
Selon le président de la BDA, des cliniques pratiqueraient des frais supplémentaires sur chaque pinte de sang. « Dans ce contexte, des potentiels donneurs disent qu’ils ne vont pas donner leur sang s’il est utilisé pour de l’argent. J’espère que les cliniques concernées rectifient le tir. » Obeidullah Wohedally invite les patients estimant avoir payé plus cher les pintes de sang à la clinique à prendre contact avec lui (686-4617).
Par ailleurs, le président de la BDA est d’avis que la police devrait inviter chaque détenteur de permis de conduire à préciser son groupe sanguin car, souvent, en cas d’accident, des difficultés sont rencontrées pour connaître le groupe sanguin du blessé. Le président de la BDA estime que nombre de Mauriciens « ont peur de donner » leur sang. « Parfois, surtout chez les femmes, si l’on trouve que l’une ne peut donner son sang à cause, disons, d’un faible taux d’hémoglobine, celles qui suivent dans la file d’attente se désistent, craignant elles aussi d’essuyer un refus et d’être étiquetées. D’autres doivent passer par des moments difficiles pour se sentir concernés. »
Parmi les critères pris en considération pour pouvoir donner son sang figure un minimum pondéral (à partir de 45 kg)?, ne pas être diabétique et prenant de l’insuline, ne pas avoir fait de chirurgie les trois derniers mois et ne pas souffrir d’anémie. Il est possible de donner son sang entre 17 et 65 ans. Toutefois, un consentement des proches est requis pour les jeunes de 17 ans et les plus de 60 ans.
Le sang peut être stocké pour une période de 35 jours à la banque de sang. Une fois collecté, il est entreposé dans un bac réfrigéré avant d’être acheminé directement au Blood Transfusion Service de la banque de sang, où il est stocké à 4°C.