Le sang ne connaît pas de barrière, pas de caste, pas de religion, pas de hiérarchie sociale quand il s’agit d’en donner ou d’en recevoir. C’est ce qu’a fait ressortir la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, hier à la mairie de Quatre-Bornes. Elle était l’invitée d’honneur à une cérémonie de remise de trophées à divers partenaires, dont elle-même, ayant soutenu la Blood Donors Association (BDA). Pour sa part, le président de la BDA, Obeidullah Wohedally, a vivement critiqué la pratique de frais supplémentaires par des cliniques sur les pintes de sang. « Si ce n’est pas du business, qu’est-ce que c’est ? »
« Il n’est non seulement important d’avoir un stock suffisant de sang, mais d’avoir du sang sain », a souligné la Présidente lors de son intervention. « Nous célébrons un événement important, celui du don de sang de ceux qui ont permis de sauver une vie. On a besoin de sang dans n’importe quel type d’intervention chirurgicale », rappelle Ameenah Gurib-Fakim. De même, les patients souffrant d’anémie ou encore les femmes sujettes à des grossesses difficiles en ont besoin. « Il n’y a pas de plus grand service envers l’humanité que de faire don de son sang ». Avec une population vieillissante, ajoute-t-elle, il est estimé qu’une personne sur trois aura besoin de recevoir du sang au moins une fois dans sa vie. Jusqu’ici, poursuit-elle, il n’existe pas de sang artificiel et c’est uniquement à travers les dons que l’on peut en avoir quand le besoin se présente. Et, le sang ne connaît pas de barrière. « C’est un facteur qui nous unit tous ». Elle a salué la contribution « inestimable » de la BDA envers la société.
Pour sa part, le président de la BDA, Obeidullah Wohedally, a indiqué que la collecte de sang à la BDA a augmenté de 25 % en 1998 à 92 % en 2015. « Nous visons à atteindre les 100 % d’ici 2020, compte tenu de la population vieillissante et des jeunes sur lesquels nous comptons ».
Depuis la Journée mondiale du Donneur de Sang, le 14 juin, sur le thème Blood Connects Us all, une campagne de sensibilisation a démarré et se poursuit. Il est « regrettable » que les cliniques pratiquent des frais additionnels sur les pintes de sang, affirme Obeidullah Wohedally. « D’après les chiffres, en 2015, 6 900 pintes de sang ont été allouées aux cliniques privées contre un paiement de processing fees de Rs 1 500, ce qui revient à environ Rs 10 M. Mais, les cliniques demandent Rs 3 500 par unité, ce qui fait environ Rs 24 M. Si ce n’est pas du business, qu’est-ce que c’est ? » s’est-il insurgé, avant de lancer un vibrant appel aux cliniques concernées pour qu’elles enlèvent ces frais supplémentaires. Par conséquent, dit-il, « les potentiels donneurs se disent : mo donn li disan apre zot vande, mo pa pou done. Montrez votre contribution, votre soutien aux donneurs ». Obeidullah Wohedally souligne : « Il n’y a pas deux catégories de citoyens pour qu’à l’hôpital cela soit Rs 1 500 et à la clinique Rs 3 500. »
Au moment de recevoir le trophée de la Clinique Fortis Darné, Unati Negi, représentante de la clinique, a assuré qu’elle ferait de sorte que les frais supplémentaires soient enlevés.
Le maire de Quatre-Bornes, Atmaram Sonoo, s’est dit lui-même un donneur de sang. « De par mon expérience, je sais que ce n’est pas une tâche facile de convaincre les gens de faire don de leur sang. Souvent, nous devons faire une sensibilisation pour assurer un stock suffisant ». Il a lancé un appel à tous ceux concernés pour qu’ils continuent d’apporter leur soutien. « On parvient à prendre conscience de l’importance du sang seulement lorsqu’un proche a besoin de ce cadeau de la vie ».
Des trophées ont été octroyés à tous les partenaires ayant contribué d’une manière ou d’une autre à faciliter la tâche de la BDA. Un poster a été lancé à cette occasion, présentant l’image de la Présidente faisant don de son sang.