La police a émis un communiqué mardi après-midi signalant la présence d’un requin d’un mètre cinquante dans le lagon de Blue-Bay. Les radios ont relayé l’information en boucle. Mais pour les gens de la mer de la région, il n’y a pas de quoi s’alarmer. La présence du squale dans cette zone n’a rien d’anormal, disent-ils.
La plage de Blue-Bay affichait ses allures habituelles hier matin. Les skippers faisant leur canvassing pour la visite du parc marin, les touristes se prélassant sur le sable, des jeunes s’apprêtant à prendre la mer avec leur planche de surf… L’alerte au requin lancée la veille par la National Coast Guard (NCG) ne semble pas avoir créé la panique. Du moins pas auprès des gens de la mer qui connaissent bien la région et pour lesquels, la présence de requins est tout à fait normale.
« On est en train de créer tout un problème pour rien. Ce n’est pas la première fois qu’on voit des requins par ici. Il faut remarquer que la passe se trouve juste en face de la plage, il est donc normal que de gros poissons viennent chercher à manger et repartent ensuite en haute mer », dit Jocelyn Orange, ancien pêcheur reconverti en guide du parc marin.
Cet ancien pêcheur est d’autant plus surpris par le communiqué de la police, précisant la taille du squale. « Un requin d’un mètre cinquante est un bébé requin », précise-t-il. Au moment où il parle, beaucoup d’enfants nagent dans le lagon. Les parents n’ont pas l’air inquiet. « Par le passé, on disait aussi qu’il y avait un “tazar” dans le lagon de Blue-Bay, mais il ne s’est rien produit jusqu’ici. »
Selon Jocelyn Orange, ce serait le nom « requin » qui ferait plus peur. « Mais les personnes qui connaissent la mer ne sont nullement impressionnées. » Un vieux pêcheur rencontré s’étonne lui aussi de l’alerte donnée. « On a parlé d’un requin marteau, or, ce requin n’est pas un mangeur d’homme. »
Un groupe de jeunes s’apprête à prendre la mer avec leur planche de surf. Sébastien Jean-Charles, l’un d’eux, est d’avis qu’il n’y a pas de requin dangereux dans la région. « Cela fait quatre ans que je viens faire du surf ici et nous pratiquons justement à la passe… Nous n’avons jamais eu de problème. Ici, ce n’est pas comme à La Réunion. » Les jeunes sont d’avis qu’il y a trop d’activités dans le lagon de Blue-Bay pour qu’un requin y reste longtemps. « Le bruit des moteurs de bateau le ferait fuir. »
Contrairement à ce qu’on se serait attendue, il n’y avait aucune patrouille de la NCG au moment de notre visite à Blue-Bay hier matin. Sauf à un certain moment où un bateau s’est approché pour venir récupérer un collègue. Des membres de la force régulière, en revanche, sillonnaient la plage. Concernant la présence du requin, ils disent tout simplement qu’il essayent de sensibiliser le public et que c’est à chacun d’assumer ses responsabilités.