Jean-Renat Anamah, danseur et chorégraphe, avait séduit le public, en 2011, avec sa chorégraphie de pointe Street Notes. Cette année, il sera présent le 15 janvier à l’IFM pour présenter Blue Indigo. « C’est un bonheur de démarrer l’année en faisant de la scène et de présenter à nouveau Blue Indigo. Cette chorégraphie marque un aboutissement et je souhaite qu’il soit joué dans d’autres endroits », laisse entendre Jean-Renat Anamah. Revenant sur son parcours de danseur accompli, Jean-Renat Anamah dira être toujours en quête d’évolution et de renouveau. Il a voulu, pour sa chorégraphie de Blue Indigo, s’inspirer de l’histoire de notre île pour donner naissance à des pas de danse. Une histoire dansée avec la collaboration du musicien français Benoît Mardelle. « Le déclic est venu lors d’une visite à l’Aventure du Sucre. Sur un des panneaux, il y avait l’histoire du Blue Indigo. Ce petit carré bleu, qui a bercé toute une enfance et dont on se servait pour blanchir le linge. Il y a aussi l’origine de cette plante venue de l’Inde. Cette boule bleue a fait l’objet d’un questionnement sur les conditions humaines. La situation dans laquelle les travailleurs indiens travaillaient pour favoriser la poussée de cette plante. Une belle histoire qui nous fait plonger aussi dans l’univers des Blue Jeans. Cela a déclenché une certaine sensibilité en moi. Une plante, l’état de labeur des travailleurs et l’état gestuel du lavage pour permettre au final d’avoir un linge propre et blanc. Il fallait absolument que l’histoire de Blue Indigo soit racontée en danse. » Chez Jean-Renat, la perfection prime. Présence scénique, personnalité, originalité, techniques de danse… Il prend en compte chacun de ces critères lorsqu’il monte un spectacle. Il s’est entouré de deux autres danseurs Natacha Petit et Jason Louis. « La particularité de la danse contemporaine est qu’elle nécessite un vrai travail de création, les scènes ne sont pas figées, les personnages font corps avec l’oeuvre. J’avais écrit Blue Indigo pour que ce soit au départ un travail de groupe, je me suis retrouvé en solo puis en trio. » Jean-Renat Anamah se dit heureux d’avoir reçu les conseils d’une chercheuse de Paris sur le Blue Indigo et aussi de Mme Langlois, qui lui a apporté des informations complémentaires sur cette plante. « Cela permet au spectateur d’avoir sa propre histoire contée. Au-delà de la danse, il faut aussi qu’il y ait des rencontres et des forums pour apporter cette liberté d’expression. » Par ailleurs, Jean-Renat Anamah a aussi son franc-parler. Il n’en a cure que cela dérange, car, pour lui, « tout artiste doit se faire entendre ». Il observe que l’art n’a toujours pas été compris dans notre pays et souhaite qu’une vraie base artistique soit fondée dans les années à venir. Jean-Renat Anamah déplore également le peu d’artistes mauriciens qui parviennent à faire une percée internationale. « Je reviens sur cette notion de mettre en place un atelier de formation et de création, d’où ma requête au ministère des Arts et de la Culture d’organiser un premier Festival de danse à Maurice et de la création d’un musée de danse. » Notre interlocuteur évoque la difficulté des artistes qui, dit-il, sont « négligés ». « Un ministère des Arts et de la Culture qui n’écoute pas et qui ne reçoit pas les artistes. Il faut qu’il comprenne que l’art doit faire vivre la société, doit exister et surtout doit être compris. Il faut lutter, élever la voix pour pouvoir avoir un support. On a vu le mécontentement des artistes qui ont dénoncé l’indifférence contre le piratage. Même chose du côté de la danse contemporaine, il existe un trop grand vide. Ainsi, on a toujours du mal d’être dans l’actualité de la danse. Il faut que les artistes soient solidaires et qu’on dépasse ce côté animation et show. Il faut aller dans la création. Il faut aussi éduquer le public », soutient Jean-Renat Anamah. Et de poursuivre : « Le projet Blue Indigo a généré une belle relation humaine, car chaque personne s’est sentie concernée par cette histoire. » La sensibilité est au coeur de la chorégraphie du Blue Indigo. « Ce sera un spectacle épuré, travaillé dans un beau concept de lumière », précise l’artiste. Le billet est en vente à Rs 400 à l’IFM et à l’école de danse de Jean-Renat Anamah (5725-6069).