Mettre en relief vingt-trois figures mondiales qui ont marqué l’Histoire par leur combat contre la violence. Des visages comme Ghandi, Einstein, Mère Teresa, Louis Lecoin, Aung San Sun, Mandela avec un titre emprunté à Martin Luther King, We have a dream. Un concept novateur qui a trouvé écrin au Blue Penny Museum. Une visite s’impose.
Emmanuel Richon a pris deux ans pour faire de son rêve une réalité. Il s’est associé avec l’école internationale Sufi School, School Of Peace qui prône ces mêmes valeurs de non-violence pour présenter une exposition de facture différente. Comme un éveil à la conscience… Cette exposition, comme l’a souligné Nazneen Bundhoo, est le fruit d’un travail de recherche en collaboration avec l’Institut de recherche basé à Paris et la Sufi School. Emmanuel Richon dira que l’idée qu’il a eue en faisant des sculptures de ces personnes qui ont marqué le monde est de montrer que rien ne les unissait au départ. Tous venaient de diverses époques, de différents continents et religions et parlaient une langue différente, mais ont eu en commun un rêve de paix et de non-violence. La conceptualisation de cette expo ne s’adresse pas à des particuliers ou à des connaisseurs mais à tous ceux qui militent pour la paix, et qui ont su faire de l’humilité une arme.
« Le message de Gandhi, à titre d’exemple, n’est pas réservé qu’à une élite, cela a été un message universel », explique Emmanuel Richon. L’apôtre de la non-violence, Emmanuel Richon l’a ciselé dans une terre cuite et patinée avec un effet de bronze afin de donner un meilleur rendement au portrait final. « Mettre cette terre glaise dans la main d’un enfant, c’est lui donner un pouvoir. On devrait commencer dans des écoles maternelles. La sculpture est un apprentissage qui amène vers une réflexion et qui permet de réfléchir à une idée de l’éducation qu’on peut offrir à un jeune. Car, l’éducation c’est la clé de la non-violence. »
Emmanuel Richon a réalisé 23 sculptures, entre autres de Mère Teresa, Martin Luther King, Bob Marley et même Lisette Talatte, qui a beaucoup oeuvré pour la cause des Chagossiens. « Il y a eu quelques ratés dans la mise en opération de ces sculptures au départ. J’ai tout retravaillé et je souhaite que chaque sculpture permette à un visiteur de s’arrêter un moment et d’apprendre à mieux connaître la cause pour laquelle la personne représentée s’est battue. » Quand Emmanuel Richon raconte qu’il a vu dans une des vitrines d’un musée au cours d’un de ses voyages, le dhoti que portait Gandhi maculé de sang et qui était là en exposition. « Ce n’était pas Ben Kingsley reprenant le rôle de Gandhi… Cette image est restée vivace dans mon esprit. Fait intéressant, c’est que dans une autre salle, on pouvait voir une partie consacrée aux oeuvres de Luther King. J’ai vu un livre du Mahatma avec Tagore et Einstein. Et, pourtant, c’est difficile de croire que les trois se sont rencontrés. On a cette illusion à Maurice de croire à la séparation des individus. Le rôle d’un musée, c’est présentement de réunir tout ce petit monde ensemble ». Tout cela est un prélude à la réflexion et pousse à s’interroger sur ce qui a amené ces hommes et femmes à s’engager parfois au prix de leur propre vie. L’expo pourra être visitée jusqu’au 31 août.