Après Henri Texier, Nicolas Folmer, Emmanuel Bex et quelques autres, Blues dan jazz invite cette année le pianiste de génie Jacky Terrasson, ce musicien que le New York Times a identifié comme l’un des trente artistes capables de changer la culture américaine ! Les responsables de l’IFM ne sont pas peu fiers d’avoir trouvé un créneau pour une résidence en compagnie de Philippe Thomas et Kersley Pitambar suivie d’un concert, avec cet artiste franco-américain qui partage sa vie entre New-York et Paris, ses villes d’élection, ainsi que ses concerts, tournées et festivals dont il ne se rassasie jamais… Rendez-vous est donné samedi 7 mai à l’IFM pour cette expérience unique. La veille, Blues dan jazz aura inauguré une nouvelle activité avec la lauréate 2016 du Standard Bank young artist for jazz, Siya Makuzeni, qui donnera une master class et un concert au conservatoire François Mitterrand.
Écouter ne serait-ce que Les chemins de l’amour, Jardin d’hiver ou Caravan revisités en solo ou en formation par Jacky Terrasson, sur Youtube, est une expérience singulière dont on sort bouleversé. Alors imaginez ce que sera ce concert du 7 mai où nous allons l’entendre en live, sur des morceaux de son invention, avec son batteur cubain aux audaces illimitées, Lukmil Perez, et les Mauriciens qui jubilent déjà que sont le trompettiste au feeling infini Philippe Thomas et l’orfèvre contrebassiste Kersley Pitambar !
Doté d’une solide formation classique, Jacky Terrasson peut aussi bien faire renaître une chanson de Francis Poulenc telle que Les chemins de l’amour sous un jour totalement nouveau et différent de ce que Jessie Norman ou Yvonne Printemps ont offert dans le domaine vocal, que jouer à cache-cache avec la mélodie furieusement orientale du célèbre morceau de Duke Ellington, Caravan, en explorant les vertus rythmiques de ce morceau qui nous dévoile tant des secrets de la musique du Moyen-Orient. Son jeu est souvent associé à la vélocité de Bud Powell et au sens de la respiration d’Ahmad Jamal, avec aussi une connaissance assumée des compositeurs savants du XXè siècle français tels que Ravel, Debussy et Fauré. Cet artiste sait être à la fois délicatement minimaliste et prodigieusement énergique. Son jeu est fait d’aisance et de fraîcheur, perpétuellement motivé par le désir d’inventer et de se rapprocher au plus près de la vérité de l’âme.
Minimal et énergique
Qualifié comme « pianiste du bonheur » par le magazine Télérama, Jacky Terrasson a en commun avec Philippe Thomas une formation couronnée de succès au Berklee college of music. Il triomphera au concours Thelonius Monk en 1993 et partira en tournée avec Betty Carter. Un an plus tard, il signe avec le prestigieux label Blue note, et ne tarde pas à sortir ses premiers albums, tous remarqués comme des événements. Artiste d’une grande générosité, Jacky Terrasson a produit de nombreux disques et multiplié les collaborations avec des personnalités du monde du jazz et de la musique, telles que Cassandra Wilson, Dee Dee Bridgewater, Dianne Reeves, Charles Aznavour ou Jimmy Scott… Dans À Paris, il propose une interprétation très personnelle des standards de la chanson française. Ensuite, l’album Smile remporte le Django d’Or, puis viendra l’album solo Mirror.
Son contrat avec Universal en 2012 sera inauguré par une célébration joyeuse de vingt ans de carrière avec Gouache, où l’entoure la fine fleur du jazz new-yorkais : Michel Portal, Stéphane Belmondo, Minimo Garay et la troublante chanteuse Cecile Mc Lorin-Salvant. Fidèle des festivals de Montréal, San Francisco, Montreux ou Marciac, Jacky Terrasson joue aussi très régulièrement en Asie (Chine, Japon et Corée du sud). Le pianiste a sorti récemment le nouvel album Take this qu’il a enregistré en France en trio avec basse et batterie. Il vient à Maurice avec le batteur Lukmil Pérez avec qui il a notamment enregistré ce disque. Ce batteur au style très personnel a les attributs du soliste, ce qui l’incitera à créer son propre collectif pour produire une musique qui mêle folklore cubain, jazz, soul, funk et électro.