« Looking for Parker » est le motto que proposent trois musiciens de jazz venus de France, Géraldine Laurent, Manu Codjia et Christophe Marguet, au saxophoniste Samuel Laval et au bassiste Steven Bernon pour animer la soirée 2014 de Blues dan jazz. L’Institut Français de Maurice accueillera cette formation et le public samedi 19 avril, à 20 h. Cet hommage à un des plus grands inspirateurs du jazz moderne s’empare de son répertoire pour en offrir de nouvelles interprétations, remettre en lumière le caractère précurseur de sa musique.
La saxophoniste alto Géraldine Laurent, le guitariste Manu Codjia et le batteur Christophe Marguet ont convaincu avec Looking for Parker, si l’on en juge par les propos de Claude Carrière qui résume ainsi leur démarche : « D’emblée, on sait, parce qu’on les connaît et qu’on les a vus préparer leur coup, qu’on n’aura pas affaire de la part de ces magiciens à un hommage au premier degré au grand oiseau « disparu prématurément », du genre reproduction sépia d’une musique inventée il y a maintenant pas mal de lunes. Les improvisations fixées dans la cire par Parker ne constituent qu’un témoignage fugitif et partiel de son génie, en aucun cas un répertoire. Elles nous permettent simplement de mieux connaître l’homme et d’avoir une idée de sa grandeur. Ne pas l’oublier et manifester sa reconnaissance pour tout ce qu’il a donné, c’est d’abord être soi-même. C’est l’idée première et la grande force de « Looking for Parker ». Trois superbes artistes d’aujourd’hui à sa recherche, à travers quelques prétextes qu’il avait soit inventés soit marqués d’une empreinte ineffaçable, thème de bop ou chansons qui courent encore, souvent grâce à lui, dans nos rues. Ces réinventions ruissellent de fraîcheur, d’originalité, d’enthousiasme, de culot et de poésie. Chapeau et 10000 mercis ! »
Le trio français apporte une nouvelle impulsion à ce répertoire à travers quelques grands classiques qu’il avait l’habitude de jouer tels que Night in Tunisia, Lover Man ou Out of nowhere ainsi qu’à travers trois de ses compositions Moose the Mooche, Billie’s Bounce et Red Cross. L’écouter jouer son thème fétiche, Cherokee, donne une idée de son aptitude à vous transporter malgré la barrière du temps par la magie et la vivacité de son jeu. En Dizzie Gillespie il a trouvé un partenaire à sa mesure. Miles Davis a fait ses débuts avec lui. Charlie Parker est devenu un musicien de légende dont le personnage a inspiré des écrivains (Julio Cortazar, John Conolly, etc) et le très bouleversant film de Clint Eastwood, Bird, qui a valu un prix d’interprétation masculine à Forest Whitaker.
Ce concert invite à oublier les aspects biographiques, la fin tragique de l’homme dépendant aux drogues, pour revenir à ce qui a fait toute sa grandeur et qui a marqué le monde musical de manière indélébile, depuis ces décennies qui ont vu l’émergence du be-bop, le tempo s’accélérant et la composition se complexifiant, ou encore plus tard, après 1945, quand il joue avec un orchestre philharmonique, et qu’il retrouve ses grands complices Dizzy Gillespie et Thélonius Monk.
Originaire de Niort, Géraldine Laurent a commencé à se produire comme saxophoniste dans des formations de jazz à partir de 1999. Elle participe aussi à des projets de danse contemporaine comme les ballets Régine Chopinot. En 2005, elle fonde le Time out trio qui sera salué par la critique et invité à se produire dans des festivals et avec nombreuses figures du jazz français. Un premier disque sort en 2008 sous le nom du groupe, puis Around Gigi en 2010. La musicienne a aussi participé à de nombreux disques avec des musiciens tels qu’Henri Texier, Christian Escoudé, Emmanuel Bex, etc.
Emmanuel Codjia a été initié à la musique par sa grand-mère quand il était enfant. Après les années d’apprentissage à la guitare classique, il découvre le jazz. Après le conservatoire de Paris, il évoluera dans des univers musicaux très variés (Daniel Humair, Erik Truffaz, Elisabeth Kontomanou, etc). Jouant avec de très nombreux musiciens, il compose son premier album, Songlines, en 2006 avec Daniel Humair et François Moutin, puis un album éponyme en 2009 et Covers en 2012.
Django d’or et Talent jazz 1998, le batteur Christophe Marguet a participé à l’enregistrement de musique de film pour Bertrand Tavernier. Il travaille avec son quartet Résistance poétique, il a aussi accompagné un comédien dans une lecture de textes de Fernando Pessoa, et se produit régulièrement avec une palette de musiciens bien connus dans les milieux du jazz.