BOI : charges formelles contre Roy et ses acolytes

Un peu plus de huit mois après l’éclatement du scandale de garanties bancaires falsifiées contre l’octroi de permis de résidence à des ressortissants étrangers ayant ébranlé le Board of Investment (BOI), le Central CID a recommandé que des charges formelles soient logées devant la Cour intermédiaire contre au moins huit suspects, dont deux ressortissants étrangers. D’autre part, le couple Toquard, par qui le scandale de faux documents du BOI est arrivé, fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par les autorités mauriciennes vu que ces deux ressortissants français ont quitté le territoire mauricien et n’ont pas respecté les conditions de caution imposées par le tribunal de Port-Louis en vue d’enlever temporairement l’interdiction de quitter le pays.
Les indications disponibles sont que d’ici la fin de ce mois, l’Office of the Director of Public Prosecutions (DPP) devra se prononcer sur les inculpations formelles à être retenues en vue d’instruire un procès au pénal contre les principaux suspects dans cette affaire où les procédures sous la Business Facilitation Act ont été détournées par un réseau de trafiquants émettant des permis au nom du BOI contre paiement d’au moins Rs 100 000 par ressortissant étranger.
À ce stade de l’enquête, Avinash Roy, un des Managers affectés au Residence Permit Desk du BOI, est considéré par les limiers du Central CID, placé sous la double supervision des ACP Pregassen Vuddalay et Heman Jangi, comme étant le cerveau derrière ce réseau d’un permis contre un pot-de-vin de Rs 100 000.
D’ailleurs, à la découverte par le Passport and Immigration Office (PIO) du fait que le couple Toquard était en possession de permis de résidence non en règle alors qu’il était en partance au sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, le nom d’Avinash Roy avait été dénoncé aux responsables du PIO et du Central CID. Tout au long de son interrogatoire et malgré son inculpation provisoire, l’ancien Manager du BOI a rejeté les accusations portées contre lui.
Deux autres anciens Managers du BOI, Dayanand Fowdar et Marday Moonien, alias Tana, ont également été interpellés et inculpés pour complicité dans cette sinistre affaire de trafic de permis de résidence à des ressortissants étrangers sous prétexte de venir investir à Maurice. Ils sont actuellement sous caution en attendant les décisions du DPP.
Le Modus Operandi adopté était que de fausses garanties bancaires soi-disant émises par deux banques commerciales étaient soumises dans les dossiers des clients étrangers du réseau Avinash Roy en vue de l’obtention de ces Residence Permits. En contrepartie, les étrangers versaient un minimum de Rs 100 000 par permis. Avec l’arrestation du couple Toquard, la présence de fausses garanties bancaires fut mise à jour d’autant plus que les principaux concernés ont avoué de leur propre gré de ne pas être clients des banques en question ou encore ne pas connaître l’existence de ces comptes bancaires.
Outre le couple Toquard, deux autres ressortissants étrangers, un Indien, Dhanjay Goondeeah, et un autre Français, Jean Taye, ont été appréhendés par le Central CID avec de faux permis de résidence du BOI. Ces deux étrangers sont toujours en liberté provisoire alors que le couple Toquard a déjà quitté le pays.
Le couple Toquard avait obtenu une levée temporaire de son interdiction de quitter le pays en donnant la garantie à la Cour qu’il devait se rendre en France en vue de chercher des preuves formelles pour dénoncer le réseau de trafiquants de permis de résidence et collaborer avec le Central CID pour faire avancer l’enquête.
Mais depuis la fin de juin de l’année dernière, il n’a jamais remis le pied à Maurice. Il a écrit aux autorités mauriciennes qu’il n’allait pas revenir à Maurice en raison de craintes pour sa sécurité. Devant cet état de chose, la police a émis un mandat d’arrêt contre ces deux Français, considérés comme des fugitifs.
L’enquête du Central CID devait amorcer un véritable tournant avec les révélations d’un des suspects, un dénommé Iqbal Mohabuth, aussi connu sous le nom de Jockey. Ce dernier devait faire des aveux complets sur le mécanisme mis en place pour attirer les ressortissants étrangers en quête de permis de résidence, le réseau de complicité alléguée au sein du Board of Investment et également le système de fabrication de fausses garanties bancaires avec la collaboration d’une préposée d’une étude d’avoué de Chancery House.
Le Central CID avait procédé à l’interpellation de Chindee Kunniah et à un examen Forensic complet des ordinateurs de cette étude d’avoué. Un autre suspect, Ahmad Deenmamode, devra également être concerné par la prochaine décision du DPP au sujet des charges formelles dans le scandale BOI même si jusqu’à maintenant très peu de détails ont transpiré de l’exercice de Forensic Auditing commandité par cet organisme auprès d’un cabinet d’experts-comptables au nom de la transparence.

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