Deux dossiers de brûlante actualité relevant du ministère des Finances devraient faire l’objet d’au moins une « mention » lors des délibérations du conseil des ministres du jour. C’est du moins ce que laissent entendre des sources autorisées à l’hôtel du gouvernement dans la matinée. Le premier porte sur les démêlés du secrétaire financier, Ali Michaël Mansoor, au niveau de certains projets majeurs, avec des ministères autres que celui des Finances, au point où le secrétaire financier avait signifié son intention de démissionner. Parmi les sujets en litige se trouve la position défendue par le secrétaire financier (et non Grand Argentier comme  écrit dans la version imprimée de l’édition du jour) pour que la Banque Mondiale soit mêlée aux discussions relatives à la mise à exécution du projet de métro léger. Par ailleurs, il ne fait aucun doute que le Cabinet soit Briefed sur les derniers développements autour du scandale des Residence Permits secouant le Board of Investment (BOI) depuis le début de la semaine. L’officier du BOI Avinash Roy entendu par des limiers du Central CID, mercredi, se retrouve en congé forcé jusqu’à la fin de l’enquête suite à des instructions « from higher quarters ».
Au ministère des Finances, l’on tente de faire comprendre qu’il y a aucun litige au sujet du secrétaire financier. « Nous travaillons en étroite collaboration avec Ali Mansoor. D’ailleurs, il se trouve actuellement en mission officielle en Jamaïque pour le compte du ministère. Au ministère des Finances, il n’y a aucune difficulté », souligne-t-on officiellement même si en privé, l’on concède que « le secrétaire financier aurait pu avoir de problèmes avec d’autres ministres ».
Ces mêmes sources notent qu’à un certain moment, notamment au plus fort des échanges, le secrétaire financier aurait pu signifier son intention de soumettre sa lettre de démission et regagner son poste au Fonds monétaire international/Banque Mondiale à Washington. Elles ne contestent pas le fait que cette étape n’a pas été franchie officiellement suite à une intervention In Extremis d’un « Very Senior Minister », qui a voulu calmer le jeu.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que l’un des points forts des désagréments du secrétaire financier au sein du gouvernement est axé sur sa proposition pour que la Banque mondiale fasse partie des discussions à ce stade pour la réalisation du projet de métro léger avec la participation de la Singapore Cooperation Enterprise (SCE). Une aile au sein du gouvernement résiste à cette initiative prônée par le secrétaire financier, dont la conséquence pourrait être une nouvelle étude sur la fiabilité de ce projet.
D’aucuns affirment que cette insistance d’Ali Mansoor en faveur d’une contre-expertise de la Banque mondiale aurait pu être la dernière goutte débouchant sur ce qui est présenté comme « a very hot encounter on the question of crossing unauthorised lines ». Le calendrier de travail pour le métro léger est que « le premier coup de pioche sur ce chantier de Rs 25 milliards est prévu pour l’année prochaine ». C’est le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, qui l’a confirmé à deux reprises récemment à l’Assemblée nationale.
L’autre dossier qui devra être évoqué, même sans aucun Cabinet Memorandum, traitera du scandale des permis de résidence alloués par le Board of Investment contre des pots-de-vin de Rs 100 000 par permis. Une première décision administrative est intervenue en cette fin de semaine avec le congé forcé imposé à l’officier du BOI Roy, qui a été entendu par des enquêteurs de la police dans les locaux du Central CID, mercredi.
« Le BOI a été appelé à prendre la décision de demander à cet officier de prendre un congé et de rester hors du bureau le temps que durera cette enquête. Le BOI est appelé à collaborer entièrement avec la police en vue que la lumière soit faite sur cette affaire. Le BOI est un organisme important pour l’économie et il n’est pas question de tolérer quoi que ce soit », a fait comprendre au Mauricien le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval.
Ce scandale, où jusqu’ici un couple de ressortissants français a été inculpé de faux et usage de faux avec des permis de résidence octroyés par le Board of Investment, pourrait être évoqué au sein du gouvernement avec la possibilité de nouvelles mesures en vue de renforcer le contrôle et la sécurité dans les procédures pour les Residence Permits, Occupational Permits et Investment Permits à des étrangers.
Du point de vue de l’enquête initiée par le Central CID, les enquêteurs de la police procèdent actuellement à « des vérifications de nature extrêmement sensibles » avant de passer à la prochaine étape, en l’occurrence acculer le cerveau derrière ce racket sur des permis. « Nous sommes confiants que nous sommes sur la bonne voie en vue de conclure avec succès cette enquête », indique-t-on ce matin dans les milieux autorisés aux Casernes centrales.