Le Board of Investment a organisé hier au InterContinental Mauritius Resort à Balaclava un forum ayant pour thème « Mauritius International Knowledge Investment ». Plusieurs experts ont exposé les voies à exploiter en vue de poser les jalons du knowledge hub mauricien.
« Maurice est le numéro un des pays investissant en Inde. Il est également numéro dix en foreign direct investment vers la Chine. » C’est ce qu’a expliqué Rajesh Jeetah, ministre de l’Éducation tertiaire, hier lors du forum organisé par le Board of Investment (BoI) à Balaclava. Il était axé sur l’« Internationalisation of Higher Education », la « Mobility of International Students » et les « Latest trends opportunities and challenges in Training and Higher Education ».
« In Mauritius, we do things well. At least we always try to do so », a lancé Rajesh Jeetah aux invités, dont une dizaine de représentants d’universités étrangères. Le ministre a rappelé les « success stories » du secteur sucrier, du textile et du tourisme qui « ont aidé à gonfler le produit intérieur brut, passant de $ 200 par tête / an en 1968 à $ 8 000 aujourd’hui ». Les débouchés du knowledge hub, a soutenu Rajesh Jeetah, sont « infinis ».
Le ministre a annoncé que le gouvernement envisage l’« internationalisation des connaissances » dans les secteurs sucrier et hôtelier. Objectif : améliorer le gross tertiary intake ratio (au niveau local) de 46 % à 72 % d’ici 2012 et attirer 100 000 étudiants étrangers à Maurice d’ici 2020.
Rajesh Jeetah a aussi mis l’accent sur les principaux items de son agenda. Parmi figurent l’institution d’un Student Visa et le travail à temps partiel pour les étudiants étrangers.
Pierre Tapie, directeur de l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC), a pour sa part souligné que le potentiel du knowledge hub est quasi illimité avec « une demande pour l’éducation tertiaire qui croît de façon exponentielle ». À titre d’exemple, l’on s’attend à « une augmentation de 186 % des étudiants d’Asie d’ici 2015 ».
Le directeur a aussi fait état des atouts et faiblesses du secteur de l’éducation tertiaire dans le pays. « Il est essentiel de développer l’identité de l’île Maurice académique et universitaire », a précisé M. Tapie. Séduire l’Inde et l’Afrique, « devenir la Suisse Africaine » en termes de stabilité et établir l’équilibre entre qualité et quantité sont entre autres les points cruciaux de cette stratégie.
M. Tapie a d’autre part souligné l’importance de « savoir identifier les niches de marché ». « Une attention spéciale devrait être accordée à la formation des futurs cadres du service public », a-t-il ajouté.
Le Dr Ayoub Kazim, Managing Director du Dubai Knowledge Village (DKV) et du Dubai International Academic City (DIAC), a quant à lui indiqué que ces deux institutions sont les seules zones franches au monde spécialisées dans la gestion des ressources humaines et de l’éducation tertiaire respectivement. Il a aussi mentionné les différents development clusters menant à une knowledge economy.
Le forum a pris fin avec un cocktail qu’a donné vers 18 h 30 Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre et ministre des Finances.