Depuis 2009, Bois-Marchand et ses habitants ont vu l’arrivée de différentes ONG et de travailleurs sociaux engagés dans différents secteurs. Depuis, un sérieux travail de formation des jeunes de la localité, mais aussi des adultes, dont les femmes, par exemple, a été entamé. À ce jour, l’endroit compte un centre polyvalent abritant plusieurs structures et services. « Un bel exemple de développement social avec l’appui d’ONG et d’institutions qui travaillent de concert », estiment les travailleurs sociaux engagés dans cette région.
Cité-Bois-Marchand, dans la banlieue de la capitale, a « longuement souffert de nombre de préjugés, des années durant : alcool, vols, viols, crimes, drogue, prostitution, enfants non scolarisés… », relève le travailleur social Danny Philippe, responsable de LEAD (Leadership and Empowerment for Action and Development), ONG qui oeuvre dans cette région depuis plusieurs années. « Ce travail est abattu avec le soutien d’autres organismes et ONG, dont la Fondation Joseph Lagesse, Caritas et l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM) », ajoute notre interlocuteur. A vu le jour, dans le sillage du travail en réseau de ces travailleurs sociaux, un centre polyvalent abritant plusieurs services et structures d’aide et d’écoute destiné aux habitants.
Le Centre Éducatif Sainte Famille abrite ainsi une école Anfenn, de même qu’une école maternelle, l’association des femmes de Bois-Marchand, qui y expose et vend ses produits artisanaux, et l’association des Éclaireurs, entre autres.
« Quand nous avons commencé ce travail, c’était d’abord chacun de son côté, explique encore Danny Philippe. Puis, nous avons réalisé qu’un travail concerté, une synergie de nos efforts conjugués, car chaque ONG et agence ont leur compétence spécifique, allaient donner de meilleurs résultats. »
L’exemple majeur du travail réalisé est le groupe Éclaireurs. « On compte actuellement une trentaine d’Éclaireurs, souligne notre interlocuteur. Chaque rue dispose de son Éclaireur et donc ce sont 30 familles qui ont un élément de ce réseau. » Un Éclaireur, poursuit M. Philippe, « est un jeune, un habitant de l’endroit, qui a suivi et continue à suivre les formations que les ONG qui oeuvrent ici dispensent à leur intention. »
Comme leur nom l’indique, poursuit notre interlocuteur, « les Éclaireurs agissent comme des “whistle blowers” dans la localité. Dès qu’il y a un problème identifié dans une famille ou relatif à une situation, le groupe en est averti et, dans la foulée, le groupe de travailleurs sociaux est amené à réfléchir et trouver une solution à ce problème. » Mieux encore, les Éclaireurs bénéficient de « formations continues dispensées par l’ICJM, Caritas et LEAD. L’idée est de “empower” ce groupe d’habitants de Bois-Marchand qui, en retour, vont eux-mêmes prendre le relais pour s’occuper de leur région et devenir ainsi un groupe d’action de cet endroit. » À cet effet, d’ailleurs, d’ici fin février, LEAD entamera ses sessions de formation sur la toxicomanie, le VIH/sida et la sexualité auprès des Éclaireurs.
« Le but de tout ce réseau d’ONG et d’autres structures qui ont démarré ce travail de développement communautaire à Bois-Marchand, c’est de montrer qu’il n’y a pas que des problèmes dans cette localité. » Le travailleur social relève que « souvent, dans un passé récent, dès qu’il y avait un crime, un viol, une affaire de drogue ou autre incident à caractère violent, un doigt accusateur était pointé vers Bois-Marchand. Pendant un bon moment, les habitants de cette région ont beaucoup souffert de cette stigmatisation. »
Quand il intervient dans la localité, il y a quelques années, Danny Philippe réagit « à un appel que m’ont lancé des habitants de l’endroit qui voulaient que leur région ne soit plus montrée du doigt. Ils voulaient qu’on montre aux Mauriciens qu’il y avait aussi là des jeunes avec des talents ; des adultes qui vivaient décemment et donner la chance aux enfants qui grandissaient de le faire dans un environnement sain et correct. »
C’est le but que s’est fixé le groupe de travailleurs sociaux qui se sont rencontrés sur place. Le projet Grassroots’ capacity building pathway de Bois-Marchand s’inscrit d’ailleurs dans cette optique. L’unité Non-State Actors (NSA) du PNUD est un autre partenaire dans ce projet de développement communautaire.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Sous les projecteurs…
Bois-Marchand sera, le vendredi 17 février, sous les feux des projecteurs. En effet, la UN Resident Coordinator Leila Tegmo-Reddy, accompagnée d’une délégation, y fera une visite d’une demi-journée. Le but : aller à la rencontre des habitants, les écouter et découvrir, de visu, le développement réalisé par un groupe de travailleurs sociaux ces dernières années. Il semblerait que l’exemple de Bois-Marchand sera utilisé comme un cas d’école dans le cadre d’une étude sous le parrainage du PNUD. « C’est par le biais de l’agence Non-State Actors (NSA) que le PNUD a eu vent du projet Grassroots’ capacity building pathway de LEAD et de l’ICJM, de même que de notre action concertée à Bois Marchand, explique Danny Philippe. Nous sommes très contents que l’endroit bénéficie d’une telle exposition et souhaitons tout le meilleur pour cette entreprise. »
Mme Tegmo-Reddy visitera d’autres régions durant les prochaines semaines. La UN Resident Coordinator pour Maurice et les Seychelles compte aller vers les régions en difficultés où un développement intégré et soutenu est actuellement abattu pour améliorer les conditions de vie des habitants.