Un permis d’opération passé de Rs 3 500 à Rs 50 000 annuellement en sus d’une augmentation de la licence pour vendre de l’alcool s’élevant désormais à Rs 4 000 annuellement, en sus des frais de location du bâtiment et d’organisation des soirées, les coûts d’entreprise des boîtes de nuit mauriciennes dûment enregistrées sont onéreux. Et lorsque leur business est menacé en raison des opérateurs illégaux qui squattent le secteur, les autorités, en dépit des lettres de protestation, restent les bras croisés. D’où la démarche de l’Association of Nightclub & Private Club Owners (ANPO) de se référer à la justice en logeant une mise en demeure contre la Tourism Authority et au commissaire de police, réclamant des sanctions contre les boîtes de nuit illégales.
Depuis une dizaine d’années, elles poussent comme des champignons à travers l’île. Grand-Baie, Flic-en-Flac, Pointe aux Sables, Ébène, Mont Choisy, Coromandel… Et leur popularité s’accroît de jour en jour. Y aller, c’est se retrouver dans des endroits les plus branchés de Maurice où la vie nocturne est active. En ces lieux, on peut prendre un verre, se restaurer et danser…
Or, ces lieux, qui disposent de licence de restaurant/bar, n’ont pas de permis d’opération de boîte de nuit pour laquelle ils sont de plus en plus réputés de par les nombreuses soirées qui y sont organisées chaque week-end. Ces lieux branchés détiennent uniquement le permis de resto/bar et s’acquittent de Rs 10,000 pour leur permis d’opération, contre les Rs 50,000 que doivent débourser les propriétaires de boîtes de nuit.
Qui plus est, alors que la plupart de ces restos/bars se situent dans des zones résidentielles, ils proposent des soirées dansantes qui durent au-delà de minuit et souvent jusqu’au petites heures du matin, contrairement à ce que leur permet leur licence de restaurant. Une situation intolérable pour les propriétaires de boîtes de nuit légales qui déplorent une concurrence déloyale. Maintes représentations à ce sujet ont été faites auprès de la Tourism Authority, responsable depuis dix ans de l’octroi de permis aux boîtes de nuit, ainsi qu’à la police de l’environnement et au commissaire de police. En vain.
Ces opérateurs illégaux continuent leurs frasques sans être inquiétés, témoignent les membres de l’ANPO qui s’insurgent du non-respect des procédures et des lois de certains promoteurs véreux, au vu et au su des autorités. Une situation qui s’est détériorée depuis que la Tourism Authority a pris la barre, cette responsabilité d’octroi de permis d’opérations des discothèques relevant anciennement de la Mauritius Revenue Authority (MRA).
Impuissance
des autorités…
Outre la concurrence déloyale, ces boîtes de nuit illégales ne s’inquiètent pas de la sécurité de leur clientèle, relève l’ANPO qui, lasse de l’inaction des autorités à prendre des sanctions, s’est tournée vers la justice en déposant une mise en demeure contre la Tourism Autority et le commissaire de police. Ainsi, l’ANPO cite les principales boîtes de nuit illégales en opération, demandant aux autorités d’intervenir et d’empêcher de telles activités illégales. Si la Tourism Authority accepte d’avoir été mise en présence des doléances de l’ANPO à travers des lettres, elle laisse entendre que ces opérateurs, qualifiés d’”illégaux”, ont soumis des demandes pour un permis d’opération.
Entre-temps, des contraventions auraient aussi été émises par la Tourism Authority contre ces opérateurs illégaux, soutient-elle. Ce qui ne décourage pas pour autant les illégaux, s’offusquent les vrais propriétaires de boîtes de nuit. L’ANPO estime que les autorités n’arrivent pas à exercer leur contrôle sur des activités illégales liées au secteur du Tourisme, cela aussi bien pour les boîtes de nuit que pour les bateaux de plaisance et catamarans illégaux, les locations illégales de bungalows aussi bien que les taxis marrons…
Devant cette situation, l’ANPO demande officiellement à la Tourism Authority et au commissaire de police d’agir et d’intervenir immédiatement pour empêcher tous les opérateurs susmentionnés de poursuivre leurs activités illégales et de veiller à ce que les lois et règlements de la République soient strictement respectés. “Faute de quoi, nous n’aurons d’autre choix que d’intenter une action en justice contre vous devant le tribunal compétent”, prévient l’association.