Le taux de croissance de l’économie mauricienne pour cette année se situerait dans la fourchette de 3,4 % à 3,9 %, estime le personnel technique de la Banque de Maurice. Cette prévision est contenue dans l’édition d’avril 2013 de l’Inflation Report rendu public mardi par la banque centrale. Ce rapport indique également que le taux d’inflation en glissement annuel (year-on-year inflation) pourrait s’élever entre 5,5 % et 5,9 % en décembre 2013.
La BoM observe que depuis la publication de l’édition d’octobre 2012 de son « Inflation Report », les conditions économiques mondiales sont restées fragiles et les risques pesant sur les perspectives de croissance mondiale persistent en raison de la crise non résolue dans la zone euro de la dette souveraine et l’incertitude sur la durée de la récession dans cette région. La possibilité d’un nouveau resserrement budgétaire aux États-Unis aurait également contribué à l’augmentation des risques pesant sur la croissance mondiale. Face à une telle conjoncture, écrit la BoM, les projections de croissance mondiale par le FMI et un certain nombre d’autres institutions ont tendance à converger. La récession dans la zone euro, indique-t-on, devrait persister en 2013, avec de sombres perspectives dans les principales économies, alors qu’on prévoit que le Royaume-Uni pourrait vivre sa troisième récession depuis la crise financière de 2008.
L’économie américaine devrait enregistrer de meilleures performances mais l’incertitude sur le plafond de sa dette pourrait freiner quelque peu sa croissance.
Dans un tel environnement mondial contraignant, le rythme de l’activité économique à Maurice, soutient la BoM, devrait rester inférieur à la normale, avec une faible consommation et un taux d’investissement en dessous des attentes. Bien que l’écart de production devrait rester négatif par rapport aux objectifs souhaités, la dynamique de croissance sous-jacente, poursuit la BoM, va probablement rester positive. L’activité réelle pourrait être soutenue grâce aux efforts de diversification entrepris pour stimuler les secteurs du textile et du tourisme ainsi que la consolidation du secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication et du seafood hub.
Les économistes de la BoM prévoient une fourchette de croissance de 3,4 % à 3,9 %. Le FMI estime, lui, que le taux de croissance atteindrait 3,7 % en 2013. Ces prévisions, souligne le rapport de la BoM, témoignent de la faiblesse de la demande dans les principaux marchés de Maurice et du niveau relativement modeste des investissement privés.
Les techniciens de la banque centrale pensent que la croissance de l’économie nationale se rapprocherait du taux de 3,4 % en l’absence d’une résolution effective de la crise dans la zone euro et en cas de menace d’une période de récession prolongée dans cette région. Ces risques continuent de peser sur les perspectives de croissance interne en affectant la consommation, l’investissement et la production. Cependant, la BoM n’écarte pas la possibilité d’une croissance économique se rapprochant de l’estimation de 3,9 % dans l’éventualité de développements macroéconomiques internationaux favorables.
Inflation : perspectives 2013
Dans son analyse des perspectives concernant l’inflation, le rapport de la BoM fait ressortir que les pressions inflationnistes dans les économies avancées ont été contenues, la demande intérieure dans ces pays ayant été limitée par une conjoncture économique difficile. Cependant, ces pressions ont été persistantes dans certains pays émergents du fait de meilleures perspectives de croissance. La BoM note que l’absence de pressions inflationnistes sous-jacentes dans les économies avancées a aidé les banques centrales de ces pays à maintenir une politique monétaire accommodante pour stimuler la croissance.
Pour 2013, on craint toujours une hausse des prix des matières premières, notamment des produits pétroliers, dans le sillage des tensions géopolitiques au Moyen Orient. La BoM évoque également le risque d’une remontée des prix des denrées alimentaires. À Maurice, l’inflation en glissement annuel (year-on-year inflation) s’est nettement redressée en février 2013, en raison principalement d’une hausse des prix des légumes et des boissons alcoolisées, tandis que les pressions inflationnistes sous-jacentes, semblaient s’être stabilisées. La BoM pense que les risques à la hausse de l’inflation sont réels, notamment en raison des prix élevés des produits de base mondiaux, des effets de l’application du rapport salarial du Pay Research Bureau et des retombées de la dernière augmentation des prix des carburants au détail. « Les effets de second tour attendus de ces augmentations, ainsi que les prévisions de hausse des prix d’autres produits contrôlés, pourraient amplifier les pressions inflationnistes dans l’avenir », indique la BoM. Sur une base de politiques inchangées, le taux d’inflation en glissement annuel, selon le staff de la BoM, pourrait se situer dans une fourchette de 5,5 % à 5,9 % en décembre 2013. Une telle estimation équivaudrait à une prévision de 4,7 % à 4,9 % de la headline inflation (soit la moyenne du CPI sur une année comparée à celle de l’année précédente).
Par ailleurs, la BoM relèves que les perspectives concernant le marché du travail demeurent fondamentalement inchangées depuis la publication de son précédent Inflation Report. Elle constate que l’inadéquation structurelle des compétences continue d’entraver le développement du marché du travail et limite la croissance de la productivité. La conjoncture économique difficile va affecter la capacité de création d’emplois des entreprises, celles-ci afficheraient la prudence dans leur politique d’expansion de leurs capacités de production et de recrutement de la main-d’oeuvre additionnelle à court et à moyen termes. La BoM fait référence à une enquête menée par la Mauritius Employers Federation (MEF) où il est fait état des difficultés rencontrées par des entreprises pour trouver des candidats ayant les compétences appropriées.