Le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM) Manou Bheenick a annoncé hier soir, lors de l’inauguration officielle du nouveau siège social de la Bramer Bank, que les autorités bancaires comptent venir de l’avant avec un plan d’assurance national pour protéger les déposants. Mais aussi avec l’introduction d’une plateforme de paiement national (National Payment Switch) reliant toutes les transactions faites au moyen de cartes bancaires ou d’un téléphone portable.
Faisant état de la nécessité de protéger les déposants, Manou Bheenick a déclaré que la BoM garde espoir de pouvoir convaincre les plus récalcitrants (remaining pockets of resistance) au projet de mise sur pied d’un plan national d’assurance-dépôt qui, a reconnu le gouverneur de la banque centrale, constitue un « missing link » dans notre infrastructure financière. « The bien-être of consumers of banking services is a key concern », a observé le gouverneur. Selon lui, les consommateurs sont dans une position de faiblesse au niveau des négociations vis-à-vis des banques. Selon lui, le comité travaillant sur les conditions ou critères défavorables inscrits dans les contrats entre les banques et leurs clients abat un énorme travail et viendra bientôt avec des recommandations afin que les consommateurs puissent bénéficier d’un « fairer deal ».
Se référant auparavant au National Payment Switch, il a laissé entendre que toutes les transactions par cartes bancaires ou téléphone portable seront centralisées et déboucheront sur des économies significatives pour toutes les parties concernées. Cela mettra toutes les banques sur le même pied d’égalité car avec ce système, les barrières d’entrée, sous forme d’investissements initiaux élévés pour les petites banques qui agissent seules, seront enlevées. En évoquant ces deux mesures, Manou Bheenick a fait ressortir que ce sont quelques-unes des priorités de la BoM dans sa quête de s’assurer que les consommateurs aient un bon traitement de la part des banques et qu’ils obtiennent la protection requise.
Le gouverneur de la BoM a exhorté les banques à maîtriser les technologies en vue de promouvoir l’inclusion financière dans le pays. Tout en faisant remarquer que Maurice bénéficier d’un « très bon classement » en ce qu’il s’agit de l’inclusion financière au niveau du continent africain, il y a encore, dit-il, du chemin à faire pour que les moyens financiers puissent être encore plus accessibles à chaque citoyen.
Manou Bheenick a plaidé pour une « incrase in supervisory intensity » dans la conjoncture actuelle, soutenant que les mesures régulatoires visent à assurer que les banques jouent proprement leur rôle concernant la sauvegarde de l’argent de leurs clients. Le gouverneur a également justifié les récentes mesures « macro-prudentielles » prises par la BoM pour protéger le secteur bancaire et les emprunteurs.  
Par ailleurs, Manou Bheenick a jugé « normal », vu la nature de leurs opérations, que les banques soient sujettes à une surveillance serrée et qu’elles soient de temps en temps frappés de « special levies » pour financer les dépenses du gouvernement. « If some are complaining about baking being overtaxed, they can always move out of the banking space to other sectors of the economy », a-t-il déclaré, ajoutant que les demandes de permis pour opérer des banques à Maurice ne manquent pas.