Le montant de la fraude financière sous les systèmes de Ponzi qui ont été mis à jour depuis le début de cette année se rapproche rapidement de la barre de Rs 1 milliard. C’est ce qu’annonce le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, dans sa déclaration en préambule du rapport annuel de la banque centrale couvrant l’exercice 2012-2013. Le gouverneur soutient, dans ce même rapport, que le pays doit poursuivre dans la voie des réformes économiques adoptées ces dernières années afin de pouvoir maintenir sa position de leader en Afrique subsaharienne.
Revenant sur l’affaire des systèmes de Ponzi qui a éclaté dans le courant de l’exercice 2012-2013, Manou Bheenick a indiqué que le nombre de victimes connues des six compagnies impliquées dans ce scandale financier de grande envergure et qui ont déposé des plaintes à la BoM, s’élevait à 2 290 au 28 juin 2013 alors que le montant total « defrauded » se chiffrait à Rs 835 millions. « The figure is rapidly nearing the Rs 1 billion mark », ajoute le gouverneur de la banque centrale. Ce dernier fait ressortir que les escrocs ont exploité les lacunes du cadre régulatoire pour leurrer des membres du public en les incitant à investir dans des fonds tout en leur promettant des retours faramineux sur leurs placements.
Ces « financial scams », poursuit Manou Bheenick, ont sonné le réveil des autorités régulatrices du secteur des services financiers et d’autres instances, les poussant à revoir leur opérations et leurs procédures quant à la détection des crimes financiers et l’approche à adopter pour les combattre. Quand ces Ponzi Schemes ont été découverts, la BoM, écrit le gouverneur, est intervenue pour gérer la crise et réassurer les victimes en mettant en place une cellule de soutien pour écouter et agir sur les doléances des personnes affectées.
La BoM, indique Manou Bheenick, a, entre autres actions, pris contact avec la Reserve Bank of India (RBI), la banque centrale de la Grande Péninsule, qui disposait de renseignements utiles sur la façon d’opérer des fraudeurs. Les experts de la RBI ont fait plusieurs recommandations pour prévenir et contrer les fraudeurs. Ils ont recommandé, entre autres, que les procédures « Know Your Customer » (établissement minutieux du profil de chaque client) par les banques soient renforcées de même que les étapes d’analyses des différentes caractéristiques du client (individu ou société).
La RBI a aussi suggéré la création de cellules spéciales pour la collecte d’informations sur les personnes ou cas suspects afin de renforcer la coordination au niveau des régulateurs. « These recommandations are in line with the restructuring and refining our mandate. They reinforced our commitment towards financial literacy, consumer education and fair treatment of consumers, on all of which we had initiated work in early 2012 », déclare Manou Bheenick.
Parlant de la crise globale, le gouverneur remarque qu’il y a de plus en plus des signes qu’elle est en train de s’estomper et qu’on est sur la voie d’une reprise durable. Dans la conjoncture, la meilleure contribution qu’une banque centrale peut apporter à la nation, c’est de veiller à la stabilité des prix et du système financier. « Notre haut profil au plan international nous met dans une position où nous pouvons offrir, au-delà de nos frontières, une contribution significative sur des questions relevant des attributions des banques centrales », estime Manou Bheenick.
Le gouverneur de la BoM plaide pour la poursuite des réformes qui au fil des années ont transformé l’économie mauricienne et l’ont rendue plus diversifiée et résiliente. « Had we not engaged in, at times, painful reforms, we would have been hit harder by the crisis », soutient-il. Outre la continuation des réformes, il faut aussi développer de nouveaux moteurs de croissance qui peuvent propulser l’économie mauricienne plus loin et atteindre le niveau d’une économie à revenus élevés, affirme Manou Bheenick.