Le gouverneur de la Banque de Maurice, Randheesing Bheenick, a annoncé ce matin l’introduction du XBRL (eXtensible Business Reporting Language) pour le traitement des données des “reportings” financiers reçus par la Banque de Maurice.
Cette innovation, a-t-il expliqué, s’inscrit dans la politique de la Banque centrale d’informatiser les services. L’introduction du XBRL est le projet informatique le plus important engagé par la BOM depuis l’introduction du système de chèque électronique (“cheque truncation”) qui vient d’être étendu à Rodrigues. Ce projet, qui sera lancé à partir de lundi prochain, et dont l’introduction s’échelonnera sur une période de 15 mois, nécessitera un investissement de Rs 150 millions. Son introduction sera assurée par la compagnie indienne IRIS Business Service Ltd, cofondée par K. Balachendrun et S. Sawminadhun, qui étaient présents la conférence de presse ce matin. La compagnie compte ouvrir un bureau à Maurice
Comme devait l’expliquer Vimam Naikeny, directeur de la Technologie à la Banque centrale, le XBRL est un langage informatique spécialement développé pour la collecte et l’échange de données (financières) via Internet. En outre, le XBRL est un standard ouvert : il n’appartient donc à personne et peut être utilisé par tout le monde. La notation XBRL est basée sur le XML (eXtensible Markup Language). Initialement, le standard a été développé par l’association des experts-comptables américains pour répondre aux exigences spécifiques du “reporting” financier interne et externe. ?Le principe du langage XBRL consiste à identifier, de façon unique, les différents concepts (par exemple les “chiffres d’affaires”) et leurs interrelations, et à les collationner dans un dictionnaire appelé “taxonomie”. Les informations ainsi répertoriées de façon structurée peuvent alors être reconnues, traitées et présentées de différentes manières, selon l’utilisation que l’on en fait (exemple : “comptes annuels” ou “enquête sur la structure des entreprises”). Quant aux fichiers XBRL, ils sont lisibles directement et automatiquement par les logiciels ad hoc, évitant ainsi les interventions humaines. ?L’utilisation du XBRL offre de nombreux avantages. Elle augmente ainsi la qualité des données rapportées par l’absence de manipulations superflues, telles le ré-encodage. Le format XBRL facilite non seulement l’échange de données au format électronique, mais également leur traitement et leur analyse. Le XBRL permet aussi de réduire les charges de diffusion de l’information dans la mesure où les données peuvent être sélectionnées, réutilisées et présentées selon les besoins.
Grâce à cette technologie la Banque centrale pourra disposer des données concernant le “reporting” financier en provenance d’une quarantaine d’institutions bancaires et non bancaires. Les “Credits Unions” seront également touchées dans un deuxième temps. Le gouverneur de la Banque centrale s’est réjoui que Maurice soit le premier pays africain à utiliser ce système, permettant à notre pays de mieux s’équiper dans le cadre de sa stratégie en vue de devenir une plateforme financière pour l’Afrique.