La Banque de Maurice fera tous les efforts nécessaires pour que l’économie mauricienne, en particulier le secteur bancaire, soit moins sensible aux chocs exogènes. « Nous allons nous assurer qu’on ne vienne pas alourdir la situation provoquée par ces chocs exogènes par des erreurs de politique intérieure », écrit le gouverneur de la banque centrale Manou Bheenick dans le rapport annuel de la BoM pour l’exercice 2010-2011, année qui a vu les banques commerciales enregistrer des profits avant-impôt de Rs 13,3 milliards contre Rs 13,9 milliards en 2009-2010.
Dans le « statement » publié en préambule du rapport annuel, le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM) laisse entrevoir sa préoccupation devant l’évolution de la situation économique mondiale. « La crise est bien là et personne n’a une idée précise de la direction que prendra l’économie globale. Face à une situation aussi indécise, nous nous évertuerons à protéger l’économie mauricienne, en particulier le secteur bancaire, afin de la rendre moins sensible aux chocs exogènes », souligne Manou Bheenick. Ce dernier va plus loin en ajoutant : « We will ensure that we will not compound these external shocks by domestic policy mistakes. The challenges on the horizon call for an exceptional degree of vigilance and enlightened policymaking. I trust that our countrymen will live up to these expectations. »
Le gouverneur de la BoM observe d’emblée dans son dernier rapport annuel que la gravité de la situation économique mondiale semble vouloir durer pour encore un certain temps. La situation est devenue imprévisible et les espoirs d’un reprise rapide se sont évanouis rapidement. « New threats have emerged » dans le courant de l’année avec les turbulences provoquées par la crise de la dette souveraine dans la zone euro, la dégradation de la notation des États-Unis par l’agence Standard & Poor’s, la chute de l’indice de confiance des consommateurs et des entreprises. La récession globale a eu un impact négatif sur la situation budgétaire de nombre de pays développés. Les pays émergents ont aussi été égratignés et Maurice n’y a pas échappé. Cependant, fait ressortir Manou Bheenick, « as we engaged to deal with these snowballing challenges, the Bank remained alert and nimble, taking decisive and timely action to protect the interest of the Mauritian economy ».
«Résilient et rentable »
Dans sa revue des activités pour l’année écoulée, le gouverneur relève d’abord que la santé financière des banques était « at the top of our agenda ». Il souligne que le secteur est resté résilient et rentable, les profits avant-impôt se situant à Rs 13,3 milliards, soit légèrement moins que le niveau atteint l’année précédente (Rs 13,9 milliards). Un signal certain de la bonne santé du secteur a été l’entrée en opération d’une nouvelle banque (en l’occurrence l’ABC Banking Corporation) et le démarrage de la première banque islamique en mars.
Manou Bheenick fait référence ensuite aux mesures monétaires prises dans le courant de l’année touchant, entre autres, le taux directeur, le Cash Reserve Ratio et la poursuite de la stratégie de diversification des réserves de la BoM. Celle-ci, indique-t-il, a plus que doublé ses actifs en or pour les porter à 6 % de ses réserves totales. La BoM a réduit ses actifs en dollars, les portant à environ 30 % contre 70 % au début des années 2000.
La banque centrale, annonce le gouverneur, a engagé des discussions pour diversifier ses réserves en investissant dans des instruments financiers émis en Afrique du Sud, en Chine et en Inde, cela après avoir accru ses investissements dans des devises à fort rendement comme les dollars australien et néozélandais et la couronne danoise. Les réserves brutes internationales se situaient à Rs 81,7 milliards en juin 2011 contre Rs 70,1 milliards en juin 2010.
Deposit insurance scheme
Manou Bheenick se réjouit de la résilience des finances publiques en 2010-2011, notant que la dette publique a été ramenée de 57,7 % du Produit intérieur brut en décembre 2010 à 55,9 % en juin 2011. Il annonce que la BoM travaille activement sur un « deposit insurance scheme » pour Maurice et s’est joint à cet effet à l’International Association of Deposit Insurers comme membre associé. Il signale que beaucoup de progrès ont été faits dans la mise en place d’un système de paiement efficace à Maurice et observe que le pays a consolidé sa position en tant que leader dans la région concernant le système de paiement, d’où sa nomination en tant que banque de règlement des transactions commerciales pour le COMESA.
« Our monetary policy framework has achieved commendable credibility in a short period and has even been held up as a model for similar countries by the IMF », fait remarquer le gouverneur. Toutefois, Manou Bheenick indique que le fonctionnement du comité de politique monétaire sera revu pour rehausser la transparence et la communication. Les votes individuels des membres seront connus à l’issue de la prochaine réunion du comité prévue en décembre 2011.