Le niveau des réserves brutes internationales de Maurice s’élevait à Rs 116,4 milliards à fin avril 2014, indique le dernier relevé publié hier par la Banque de Maurice (BoM). Cette dernière annonce également que l’excès de liquidités dans le circuit bancaire se montait à Rs 10,9 milliards début mai 2014.
Les réserves brutes du pays n’ont cessé de grimper depuis fin 2013. A Rs 116,4 milliards, c’est un nouveau record qui est établi. Selon les données de la banque centrale, la progression des réserves brutes sur les douze derniers mois a été de Rs 19,2 milliards. S’agissant des réserves brutes de la BoM, une hausse de l’ordre de Rs 4,4 milliards a été enregistrée en avril, le montant à la fin de ce mois atteignant Rs 114,7 milliards.
La banque centrale a fait plusieurs incursions sur le marché des devises depuis la mi-2013 dans le cadre d’un programme de reconstitution de ses réserves et aussi pour corriger la volatilité de la roupie. D’avril 2013 à avril 2014, les réserves brutes de la BoM se sont accrues de près de Rs 19 milliards.
Dans son rapport sur le « Article IV Consultations » avec les autorités mauriciennes en début d’année, rapport rendu public cette semaine, la mission du Fonds monétaire international, dirigée par Martin Petri, fait ressortir que le niveau des réserves du pays est « comfortable » lorsqu’on le compare aux normes traditionnelles et à l’indice établi par le FMI. La mission avait, cependant, soutenu qu’il serait prudent de procéder à une accumulation additionnelle des réserves en vue de prendre en compte les engagements externes des sociétés opérant dans le secteur du Global Business.
Les officiels du FMI ont précisé que, dans le cadre de la politique d’accumulation graduelle des réserves, les interventions sur le marché des devises doivent aussi avoir pour objectif de réduire la volatilité de la roupie. « The Mauritian economy has so far not been very affected by the increased volatility in international capital flows since last summer », ajoute le rapport de la mission Petri.
Par ailleurs, la BoM annonce, ce matin, que l’excès de liquidités dans le système bancaire se chiffrait à Rs 10,9 milliards au 1er mai 2014 contre Rs 9,7 milliards au 26 décembre 2013 et seulement Rs 3,1 milliards début mai 2013. Le relevé publié par les autorités bancaires montre que le montant d’excès de liquidités s’est maintenu au dessus de la barre de Rs 11 milliards depuis la mi-février 2014.
Évoquant ce problème dans leur rapport de mission, les techniciens du FMI écrivent que « excess liquidity has to be removed to improve the monetary transmission mechanism despite likely, but justified, losses for the Bank of Mauritius » et préconisent également que les coûts associés à tout exercice pour éponger l’excès de liquidités soient partagés entre la BoM et le Trésor public.
Passant en revue la politique monétaire, la mission Petri affirme que « excess liquidity is not overly worrisome from an inflation perspective now because international prices appear stable and the output gap is slightly negative ». Cependant, elle considère que l’écart entre la production nationale et le potentiel de production rend la politique monétaire moins effective. Alors que le taux directeur influence les dépôts bancaires et le taux à l’emprunt, fait remarquer la mission Petri, le taux d’intérêt interbancaire contribue à la désintermédiation financière du fait que les banques ne sont pas incitées à augmenter le niveau des dépôts car ceux-ci leur coûtent plus cher que ce qu’elles peuvent obtenir. Par ailleurs, l’excès de liquidités, indique le FMI, peut amener les banques à s’engager dans l’octroi de prêts plus risqués.
La mission Petri recommande que l’excès de liquidités dans le circuit monétaire soit absorbé à travers l’émission de bons/obligations émis par le gouvernement au lieu de la BoM. Cette démarche doit être combinée avec le paiement des intérêts sur les dépôts du gouvernement, ce qui finalement se traduirait par un meilleur partage des coûts de la politique monétaire.