L’ensemble du secteur bancaire mauricien a enregistré des profits après impôt de Rs 14,5 milliards en 2013/14, par rapport à Rs 13,9 milliards en 2012/13 et Rs 12,7 milliards en 2011/12. C’est ce qu’indique le dernier rapport annuel de la Banque de Maurice (BoM), rendu public jeudi. Selon la banque centrale, le secteur bancaire demeure « solide », même si des défis existent en termes de risques liés à la concentration des crédits à certains secteurs d’activités, à l’augmentation des créances douteuses et à une réduction des ratios de rendement sur actifs et capitaux.
 Le rapport de la BoM indique que fin juin 2014, 23 banques étaient autorisées à mener des opérations à Maurice, soit : dix banques locales, huit filiales de banques étrangères, quatre branches de banques internationales et une banque totalement étrangère. Deux de ces 23 banques étaient impliquées dans des activités de private banking (gestion de patrimoines) mais, précisent les autorités bancaires, une seule avait commencé ses opérations fin juin dernier. Les profits opérationnels des banques avant provision pour les créances douteuses sont passés de Rs 18,8 milliards en 2012/13 à Rs 19,7 milliards en 2013/14. On observe que les frais et commissions nets enregistrés par les banques ont continué d’augmenter pour atteindre Rs 5,7 milliards (+ Rs 887 millions).
« During 2013/14, a majority of banks operating in Mauritius realised profit after tax, although three banks incurred losses », rapporte la BoM. Cette dernière précise qu’une banque a vu ses bénéfices opérationnels annulés par les provisions pour les créances douteuses alors que deux autres banques, qui venaient de faire leur entrée sur le marché local, ont eu à faire face à des dépenses opérationnelles élevées pour lancer leurs activités. La BoM observe que les revenus, sous forme d’intérêts, ont augmenté de 8,6% en 2013/14 pour se chiffrer à Rs 40,5 milliards, mais à un rythme inférieur à celui de 2012/13 (+13,9%).
Les banques commerciales opéraient 228 agences (incluant le siège social) à travers l’île, neuf comptoirs, un mobile van et 454 guichets automatiques. Le nombre d’employés du secteur bancaire s’élevait, à la mi-2014, à 7 532 personnes. Le total des bilans des banques (on-balance sheet assets) a augmenté de 1,9% en 2013/14 pour atteindre Rs 933,9 milliards. Le ratio d’adéquation du capital du secteur se situait à 16,8%, soit bien au-dessus du minimum requis (10%). « Banks are required to maintain robust asset quality as this is a critical factor in the assessment of their financial soundness », rappelle la BoM, qui note des variations dans la performance des banques concernant l’évolution de leurs actifs. Se référant aux crédits bancaires au secteur privé (excluant les opérateurs du secteur du Global Business), le rapport de la banque centrale indique qu’une croissance de 3,6% a été enregistrée pour le dernier exercice financier, soit un taux inférieur à celui de l’exercice précédent (+8%). Les parts des crédits aux secteurs de la construction, du commerce et aux particuliers/professionnels ont baissé alors que celles allouées aux secteurs manufacturier, touristique et financier, elles, ont subi un repli.
La BoM note que les “total non-performing advances” du secteur bancaire ont grimpé de 18,5% pour s’élever à Rs 25 milliards fin juin 2014 et qu’en pourcentage des crédits totaux, le taux représentait 4%, contre 3,4% fin juin 2013. Les banques ont eu à faire des provisions spécifiques accrues (+ 33,5%) par rapport aux pertes sur les prêts accordés, soit un montant de Rs 11,8 milliards.