Des développements devront intervenir avant la fin de cette semaine dans l’enquête criminelle initiée contre l’ancien gouverneur de la Banque de Maurice Rundheersing Bheenick. En effet, trois charges criminelles sont retenues contre lui par le Central CID suite à son arrestation il y a un an de cela, à trois jours près. Tout semble indiquer que le dossier de Manou Bheenick devra être soumis à l’Office of the Director of Public Prosecutions incessamment.
Dans cette affaire, les trois accusations recommandées par les limiers du Central CID sont Larceny in Receipt of Wages car Manou Bheenick s’est octroyé un barème d’allocations de voyage (Per Diem) personnel et nettement supérieur à celui en vigueur et recommandé par le gouvernement, Money Laundering pour un montant de Rs 6,3 millions, dont les Rs 1 million saisies en devises en son domicile de Moka lors de son arrestation le vendredi 13 février de l’année dernière, et Possession of Stolen Property sous forme de dossiers et documents confidentiels, appartenant à la Banque Centrale lors de sa révocation par le gouvernement de Lalyans Lepep le 26 décembre 2014.
Lors de sa dernière convocation au QG du Central CID le 21 janvier dernier et en présence de son conseil légal, Me Hervé Duval (Jr), l’ancien gouverneur de la Banque de Maurice a été confronté à des paiements de plus de Rs 10 millions en guise d’allocations de voyage alors que techniquement, il n’avait droit qu’à un peu plus de Rs 3,5 millions pour ses multiples déplacements à l’étranger.
En guise d’explications à ce traitement monétaire de faveur, l’ancien gouverneur de la Banque de Maurice a soutenu qu’il avait obtenu un barème nettement rehaussé car il ne percevait pas de salaires à la tête de cette institution. Les hommes de l’ACP Jangi n’ont pas retenu ces justifications pour prôner une accusation de Larceny (vol) in Receipt of Wages contre Manou Bheenick.
Au chapitre du délit de recel, tout semble indiquer que les enregistrements des caméras installées à différents niveaux de la Bank of Mauritius Tower pourraient être versés dans le dossier à charge pour soutenir les accusations de Possession of Stolen Property lors du départ de Manou Bheenick en décembre 2014. Cent quarante caméras sont opérées par la Control Room de la Banque Centrale. Cette information émane de l’actuel gouverneur de la Banque, Ramesh Basant Roi, qui a trouvé que « if you see who took the files, you will be shocked ». C’était lors de la tranche questions/réponses lors du point de presse du même 29 janvier dernier…