Sir Anerood Jugnauth, a annoncé la décision du gouvernement de renégocier le contrat conclu avec la firme Betamax pour le transport de produits pétroliers pour le compte de la State Trading Corporation (STC). « À la lumière d’un rapport préparé par un comité ministériel présidé par le ministre Roshi Bhadain, le Conseil des ministres a décidé de convoquer les représentants des compagnies concernées qui ont accepté de renégocier le contrat », a annoncé le Premier ministre. Les discussions débuteront au ministère des Finances mercredi.
SAJ, entouré du DPM Xavier-Luc Duval, des ministres Ivan Collendavelloo, Vishnu Lutchmeenaraidoo, Pravind Jugnauth, Roshi Bhadain, Ashit Gungah et de l’Attorney General Ravi Yerrigadoo, en était à sa première conférence de presse depuis son arrivée au pouvoir. Il a rappelé que la population lui avait donné un mandat « clair et net » pour « nettoyer là où il le faut », redresser le pays et relancer l’économie. « Nous savons avec quelle irresponsabilité l’ancien gouvernement a opéré et comment il y a eu une dilapidation des fonds publics et des gaspillages », a déclaré le Premier ministre. Il a avancé que « des contrats par milliards de roupies », dont celui de Betamax, ont été conclus avec des « copains et copines » dans l’opacité totale. « Le contrat Betamax porte sur un montant de Rs 8 milliards, échelonnés sur 15 ans, et a été alloué aux clans Jeetah et Bunjun. Ainsi, le 27 novembre 2009, la STC, agissant sur les instructions du gouvernement, a signé un contrat contre l’intérêt du public et du pays. Un contrat exclusif taillé sur mesure pour transporter les produits pétroliers utilisant un tanker fabriqué sur mesure. » Il a rappelé que l’Alliance Lepep avait pris l’engagement de revoir ce contrat et d’enquêter sur les autres scandales qui ont marqué le règne de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam.
C’est la raison pour laquelle, a-t-il précisé, un ministère spécifique pour la bonne gouvernance a été créé. « Je veux qu’il y ait une enquête sur les scandales et qu’on veille à ce que tout soit fait dans la transparence et dans le respect des procédures établies. » Dans ce contexte, un comité interministériel a été institué sous la présidence du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui en a ensuite cédé la présidence à Roshi Bhadain pour revoir le contrat Betamax. Selon le Premier ministre, « un travail formidable a été abattu ». Le Conseil des ministres a pris connaissance du rapport présenté par le comité interministériel et les représentants des compagnies concernées ont été convoqués pour en discuter. Ces derniers ont accepté de renégocier le contrat. Les discussions commenceront mercredi prochain au ministère des Finances.
Le Premier ministre a fait ressortir que le fret payé par la STC « est le double que celui en cours sur le marché » et, interrogé par la presse, il a avancé qu’il appréciait la décision des représentants de Betamax de renégocier le contrat. Il s’est toutefois gardé de donner une réponse susceptible de mettre en péril le processus de renégociation et a fait comprendre que le gouvernement n’avait pas révoqué le contrat car voulant procéder « de manière civilisée ». La question de monopole détenu par Betamax ou la décision par le gouvernement de faire l’acquisition d’un tanker pour le transport de produits pétroliers ne se pose pas pour le moment, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, SAJ a précisé que son gouvernement était déterminé à revoir tous les contrats conclus par l’ancien gouvernement. « Le peuple ne peut payer pour les jackpots accordés à des proches de l’ancien Premier ministre. Le gouvernement s’attaquera de front aux gaspillages et irrégularités. La transparence et la bonne gouvernance seront de mise dans le combat contre gaspillage », a-t-il déclaré, annonçant par là même que d’autres décisions seront prises pour assainir la situation. Toutefois, il a précisé que le choix des dossiers qui feraient l’objet d’enquêtes sera fait « avec discernement » afin de ne pas avoir à payer des dommages considérables, mettant ainsi l’économie en difficulté.
Questionné sur la question de savoir s’il envisageait de demander le départ du Président de la République Kailash Purryag, le Premier ministre a expliqué que la présidence de la République « est une institution qui doit être respectée » et que « le Président a un mandat ». Et de préciser : « C’est à lui de décider s’il doit partir ou pas. Il doit utiliser son sens commun. S’il pense qu’il n’y a aucune raison de le faire, je respecte sa décision. J’ai des relations correctes avec lui et nous travaillons ensemble. Mo pas dir person lev pake ale. »