La remise en ordre des affaires au sein de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, amorcera à partir de la semaine prochaine une nouvelle étape. La dernière réunion du board de la compagnie, de jeudi avec la participation du Chief Executive Officer en partance, André Viljoen, devra se prononcer sur trois dossiers qualifiés de délicats : les privilèges des billets d’avion en Business Class à vie aux anciens directeurs, le scandale à la Cargo Division avec des pertes substantielles de revenus et des risques potentiels de conflits d’intérêts à la décharge d’un des membres de l’ancien conseil d’administration ; et les recommandations du HR Audit avec les employés craignant une opération de dégraissage du personnel.
En tout cas, la réunion du conseil des ministres d’hier matin au Treasury Building sous la présidence du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a donné le signal de cette nouvelle étape de l’opération Netwayaz avec le feu vert pour l’élimination sur le champ des privilèges à vie accordés à des anciens membres du Top Management aujourd’hui à la retraite. Le prochain board d’Air Mauritius devra tenir compte de cette démarche du gouvernement et la mettre à exécution.
Cette décision a été entérinée par le Cabinet suite à des recommandations pilotées par le ministre de la Bonne Gouvernance, Roshi Bhadain, sur la base d’un exercice entrepris. Les anciens directeurs d’Air Mauritius et des membres de leurs familles bénéficient gratuitement de billets d’avion en Business Class à vie et les autorités sont parvenues à la conclusion que dans un contexte de pertes majeures encourues par la compagnie aérienne et de Cost Cutting à tous les niveaux, « cette générosité, ayant des coûts pour les opérations, envers des employés à la retraite ne peut être de mise ou encore tolérée ».
De ce fait, les membres du board devront traduire dans la réalité ce souhait exprimé par le gouvernement, le principal actionnaire de la compagnie aérienne nationale. Tout semble indiquer que cette recommandation du conseil des ministres sera inscrite à l’agenda des prochaines délibérations du board de jeudi prochain.
Les membres de cette instance de la compagnie aérienne devront également se pencher sur les conclusions de l’enquête sur les opérations de la Cargo Division avec des pertes substantielles en jeu. En cette fin de semaine, il se confirme que le rapport de cette enquête est déjà prêt même si du côté de la direction d’Air Mauritius, on évite de confirmer officiellement si tel est le cas.
Cette enquête sur la Cargo Division, qui aurait dû être une source de revenus non-négligeable, aurait fait la démonstration de pratiques abusives au préjudice de la compagnie. Mais avant la réunion de jeudi, aucune des sources approchées n’a voulu dévoiler les détails de ces abus ou encore confirmer s’il existe des risques potentiels de conflits d’intérêts susceptibles de tomber sous le coup de la Prevention of Corruption Act (POCA). « Attendez la réunion du board d’Air Mauritius, les détails suivront subséquemment », fait-on comprendre dans les milieux des initiés à ce stade.
Jamais deux sans trois : le troisième se dessine sous la forme des propositions du HR Audit en vue de redéfinir le nombre d’employés optimal pour Air Mauritius. En cette fin de semaine, les consultants étrangers, dont les services ont été retenus, mettaient la dernière main à leurs recommandations. La principale crainte des employés concerne la possibilité d’un dégraissage, qui devra avoir le feu vert du board avant d’être mise à exécution d’autant plus que le dossier d’Airmate, une filiale d’Air Mauritius, avec plus de 700 employés impliqués, fait l’objet de tractations entre le Management, le syndicat des employés et le ministère du Travail et des Relations industrielles.
Cette semaine, qui s’avère être une de tous les dangers pour les employés, prendra fin avec pour note le départ de l’actuel CEO, André Viljoen, en attendant la désignation de son successeur pour traverser ces zones de turbulence…