Maurice s’est maintenue pour la huitième année successive à la tête de l’indice Mo Ibrahim en obtenant une moyenne de 81,7 points. Elle est suivie du Cap Vert qui a obtenu une moyenne de 76,6 points. L’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) 2014, publié hier, montre que le niveau global de gouvernance sur le continent africain a progressé entre 2009 et 2013. Toutefois, au cours des dix dernières années, les principaux moteurs de cette tendance généralement positive ont changé, souligne le porte-parole de Mo Ibrahim.
« Les résultats de l’IIAG 2014 interpellent notre perception de l’état de la gouvernance africaine. Le continent africain progresse, mais l’histoire est complexe et ne correspond pas nécessairement aux stéréotypes courants. Même si le tableau général a bonne allure, restons vigilants et ne cédons pas à la complaisance », a déclaré Mo Ibrahim, président de la Fondation Mo Ibrahim.
Commentant le classement de Maurice, le secrétaire financier Dev Manraj a fait la déclaration suivante : « It is indeed with great pride that we welcome the MO Ibrahim report on Governance and we are pleased that Mauritius again tops the ranking for the eight consecutive years. Today’s announcement shows that Mauritius continues to lead Africa in terms of its high governance standards and that we have significantly improved our performance in public management, on the business environment and in providing sustainable economic opportunities. I am confident that this announcement will further enhance the position of Mauritius as a secure, transparent and trusted environment for FDI and also as an ideal platform for outward investments into Africa ».
Un communiqué de Mo Ibrahim Foundation expliqué qu’au niveau des pays africains examinés, les résultats de l’IIAG 2014 témoignent de la forte capacité de progression de plusieurs pays jusqu’ici sous-performants. Mais ils mettent aussi en évidence certaines fragilités parmi les pays du peloton de tête. Ainsi, les pays ayant enregistré la plus forte progression de ces cinq dernières années figurent dans la deuxième moitié du classement. La Côte d’Ivoire, la Guinée et le Niger, notamment, ont depuis 2009 inversé une trajectoire initialement négative, pour se hisser en tête des pays ayant le plus progressé au cours des cinq dernières années. Cette évolution remarquable a été principalement tirée vers le haut par la catégorie Participation et Droits de l’Homme.
La Fondation Mo Ibrahim observe toutefois qu’alors que les champions historiques de l’indice Mo Ibrahim de Gouvernance dont Maurice, le Cap-Vert, le Botswana, l’Afrique du Sud et les Seychelles conservent leur place dans le peloton de tête, ils enregistrent une dégradation de leurs résultats dans au moins une des quatre catégories, bien que leur parcours demeure globalement positif.
« Les résultats de l’IIAG 2014 montrent que les têtes de classe ne sauraient considérer leur position comme définitivement acquise. Au-delà, il reste à faire en sorte que cette « dynamique africaine », dont tout un chacun se félicite, bénéficie réellement à l’ensemble des concitoyens de notre continent », a souligné Jay Naidoo, membre du Board de la Fondation Mo Ibrahim.
Les résultats sectoriels indiquent que les principaux facteurs du progrès du niveau général de gouvernance ont évolué. La progression globale enregistrée au cours des cinq dernières années (2009-2013) résulte conjointement des catégories Participation et Droits de l’Homme et Développement Humain, prenant ainsi le relais de la catégorie Développement Économique Durable qui, après avoir été l’élément moteur de la progression du niveau général de gouvernance au cours des années 2005-2009, marque le pas au cours des cinq années suivantes (2009-2013).
« L’IIAG 2014 souligne le caractère crucial de la mise en place d’institutions fiables et équitables, qu’il s’agisse de structures sanitaires, de systèmes de redevabilité ou d’organismes statistiques. Sans eux, nous ne serions pas en mesure d’affronter convenablement les différents défis auxquels nous sommes confrontés, qu’il s’agisse de conforter la règle de droit ou de gérer un choc comme Ebola », conclut c, membre du Board de la Fondation Mo Ibrahim.
L’IIAG 2014 couvre 52 pays africains.