PIERRE DINAN

Le drame survenu dimanche dernier entre un train et un motocycliste est vif dans les esprits. Il y a eu mort d’homme, et c’est vraiment triste. Les accusations et les contre-accusations défraient la chronique. Les lignes qui suivent avaient été déjà écrites lorsque cet accident mortel est arrivé. Un fait est certain : les usagers de la route et du métro n’ont d’autre choix que de se conformer aux exigences de ce nouveau mode de transport. Il ne doit y avoir aucune tolérance de l’indiscipline, du non-respect des lois et des signaux. Plus que jamais, la présence du métro exige des usagers de la route un comportement conforme aux règlements.

Après une demi-douzaine de voyages sur le métro, je me permets de partager quelques constatations. Commençons par le positif. Que c’est agréable de se laisser transporter entre Rose-Hill et Port-Louis, sans être stressé par l’indiscipline qui règne sur nos routes, indiscipline caractérisée par des automobilistes abusant de la vitesse et du klaxon, des motocyclistes adeptes du slalom, et des piétons délaissant les passages qui leur sont réservés !
Comme partout ailleurs dans le monde développé, la rame de métro peut accueillir beaucoup plus de passagers qu’il n’y a de sièges.

Comme partout ailleurs, nous sommes donc appelés à voyager debout. Et comme partout ailleurs, un protocole doit être adopté par rapport à l’utilisation des places assises.

Par exemple, la priorité pour l’utilisation des sièges devrait revenir à ceux dont l’apparente condition physique indique que le voyage en position debout leur causera des difficultés. Par exemple, ceux qui font partie de cette catégorie de voyageurs sont les personnes ayant des déficiences physiques, les femmes enceintes, et les personnes âgées. Il serait donc souhaitable que les messages audio qui agrémentent tout le voyage ne se contentent pas de nous rappeler les noms des gares – en anglais, en créole, mais pas en français ! – mais invitent les passagers bien portants, et surtout les jeunes, à donner la priorité des sièges aux personnes porteuses de déficiences physiques, aux femmes enceintes et aux personnes âgées. D’ailleurs, ce type de comportement devrait être enseigné à tous les enfants dès les bancs de l’école.

Revenons au métro. La bienséance demande qu’un ordre de priorité soit observé pour l’entrée dans une rame et la sortie. Des face-à-face interviennent lors de l’arrivée du métro à la gare à Port-Louis. Alors que les passagers quittent le train qui vient d’arriver en gare, ceux qui attendent pour l’aborder en vue de son prochain voyage retour vers Rose-Hill ont tendance à vouloir pénétrer au plus vite dans la rame – sans doute pour avoir une bonne place ! Laissez d’abord sortir les passagers avant de pénétrer dans la rame, tel devrait être un des rappels de la part des deux dames dont les voix nous accompagnent durant le trajet.
Une dernière remarque. Les rames sont confortables et la conduite des trains est faite de manière professionnelle. C’est, toutefois, dommage que des rangées de sièges n’aient pas de bras à leurs extrémités, car les passagers qui s’y trouvent doivent être conscients qu’ils pourraient glisser hors de leur siège en cas de freinage brusque, ainsi que lorsque le train entame une montée ou une descente. Avis est donné !

Saisissons l’occasion pour remercier les policiers devenus gardiens de passages à niveau. Vivement que des systèmes mécaniques et robotisés de contrôle de ces passages à niveau soient installés ! Et ce, comme partout ailleurs dans le monde développé ! Il y a urgence. Il y va de la productivité de la force policière, ne serait-ce que pour sévir contre les infractions au Code de la route. Il y va aussi de la prévention des accidents : déjà deux, dont un mortel.

Les autorités n’ont d’autre choix que de sécuriser les passages à niveau le plus rapidement possible.
Cela dit, bon voyage à toutes et à tous sur le prochain métro !