La toute première librairie de l’île pousse son dernier soupir…Le Trèfle de Curepipe a longtemps été le repère des amoureux des livres et… des amoureux tout court. Néanmoins depuis quelques semaines, au grand dam des Curepipiens, la librairie nichée au sein des arcades Currimjee, soit « arcades cosmos » pour les intimes, a fermé ses portes. Mais rien n’est définitif.
Boris de Chazal, le responsable de la librairie Le Trèfle, est attristé par la nouvelle. Cette librairie, il la connait depuis son enfance, « j’y trainais souvent après l’école. C’est ma mère qui s’en occupait avant moi. C’est en 2011 que je commence à m’intéresser sérieusement de la gestion de la libraire. Nous sommes provisoirement fermés jusqu’à ce que tout s’arrange. Mais ce ne sera pas avant l’année prochaine », confie le jeune libraire.
Il nous explique que les soucis ont commencé en mars, alors qu’en janvier, lors d’une réunion, il pensait que tout allait bien, « mais ce sont des soucis qui ne sont pas entre nos mains et que nous ne pouvons prévoir ». La librairie qui propose 95 % de livres en français et 5 % d’auteurs locaux s’est vite retrouvée en eaux troubles : « Depuis mars, on a connu un déficit énorme et on attendait de pouvoir rectifier le tir, mais en vain… vous savez quand l’assurance ne suit pas, rien ne suit. »
Cette fermeture, qui n’est pas définitive, était nécessaire. « Il fallait avant tout limiter la casse, nous n’avions plus de nouveaux livres à proposer à nos clients. Il y avait une demande, et nous ne pouvions plus y répondre », souligne Boris de Chazal. « Le temps qu’on rétablisse tous les paramètres, parmi retrouver les fonds, la librairie reste fermée. On réduit les coûts d’électricité, etc. Cependant, on est toujours là, on garde le personnel, on reste en suspens », dit-il.
Gardant grand espoir, Boris de Chazal espère que la librairie pourra rouvrir ses portes en janvier, voire en février. « Il ne suffit pas de réinvestir de l’argent dans la librairie. Il faut aussi tout repenser et restructurer. Car il faut avouer que la marge pour les livres est vraiment très petite. C’est une librairie de quartier, ce n’est pas un business en tant que tel, mais bel et bien une culture », explique ce dernier. 
Après les vives réactions d’ici et d’ailleurs après la parution d’un article de presse sur la fermeture de la librairie, Boris de Chazal se dit touché. « C’est formidable de lire et de voir qu’il y a des gens qui se soucient de la librairie. Depuis ces dernières semaines, nous recevons plusieurs messages de sympathie et aussi des propositions d’aide. Le Trèfle est avant tout un symbole de la culture, de la culture française surtout. » 
Il nous assure que la direction réfléchit actuellement sur une solution pour sauver ce pan de notre patrimoine : « On va faire tout notre possible, la culture n’est pas morte ! »