L’ancien ministre travailliste et ex-Chairman de la Mauritius Ports Authority (MPA), Siddick Chady, et l’ancien directeur général de la MPA et un des principaux dirigeants du MSM, Prakash Maunthrooa, devront répondre à des accusations formelles dans le scandale de pots-de-vin de Rs 27 millions, connu comme l’affaire Boskalis. En effet, depuis la fin de cette semaine, l’Office of the Director of Public Prosecution (DPP) est en présence du dossier et des conclusions de l’enquête instruite par le Central CID depuis juin dernier suite au retrait de cette affaire de l’autorité de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC).
Des milieux autorisés indiquent que dans la conjoncture, il faudra s’attendre à voir les procédures en vue de loger les charges formelles contre ces deux principaux suspects de même que les décisions par rapport aux six autres à être enclenchées par le DPP d’ici la fin de ce mois. Aux termes des informations disponibles à ce stade et des derniers témoignages consignés lors d’une mission de limiers du CCID à Dubayy auprès d’un ancien représentant de Boskalis à Maurice, Siddick Chady et Prakash Maunthrooa peuvent difficilement échapper à des accusations formelles même sept ans après les faits et le démarrage de la première enquête confiée à l’ICAC.
Toute la série de Documentary Evidence concernant les différents versements financiers effectués par Boskalis et au profit de Siddick Chady et de Prakash Maunthrooa et le témoignage à charge du représentant mauricien de la firme néerlandaise tendent à soutenir la thèse accréditée par le Central CID selon laquelle ces deux suspects susmentionnés demeurent le véritable cerveau de ce scandale de pots-de-vin variant entre Rs 25 millions et Rs 30 millions contre l’octroi de contrat pour des travaux de dragage dans le port en 2006. L’ancien ministre et l’ancien directeur général de la MPA rejettent les accusations retenues contre eux dans cette affaire.
L’ancien ministre Chady, qui a été confronté le jour de Noël aux accusations du représentant de Boskalis à Maurice, est déjà sous le coup d’une inculpation provisoire d’avoir bénéficié au moins de deux versements de 55 450 dollars et de 110 000 dollars en 2006/07 de cette société étrangère. Les sommes versées étaient utilisées par Siddick Chady pour le financement d’importation de films pour le compte de la compagnie Block Buster Video Network Limited.
De son côté, Prakash Maunthrooa est accusé de complot avec d’autres prévenus, dont Block Buster Video Limited, pour des opérations de blanchiment de fonds, soit 30 000 dollars, 12 000 euros et 88 525 euros. Ces versements ont été exécutés en faveur de Prakash Maunthrooa en contrepartie du contrat pour le dragage du port de l’ordre de Rs 500 millions.
Dans le cas de Gilbert Philippe, ancien Chairman de la MPA et Senior Adviser auprès du Premier ministre Navin Ramgoolam, en matière portuaire, le DPP devra évaluer les explications fournies selon lesquelles les 25 000 dollars identifiés sur ses comptes à Singapour représentent bel et bien un remboursement de dettes effectué par Siddick Chady ou autre chose. Avec le dossier transmis au DPP, les limiers du Central CID ont préféré laisser le soin à celui-ci de prendre la décision nécessaire quant au sort à être infligé à Gilbert Philippe.
Les autres suspects inculpés par les enquêteurs de la police dans le scandale Boskalis sont Chietenrao Luximon, inculpé provisoirement pour trois délits de complot, de blanchiment de fonds et de pots-de-vin de 85 000 dollars, Bilkiss Rawat et Yuheshwar Teeluck pour complot et blanchiment de fonds, Basghir Nazeer, un ancien conseiller municipal, proche de Siddick Chady, pour avoir bénéficié d’une somme de Rs 675 000 de la firme des Pays-Bas et Eshan Chady, avec deux charges de complot et d’« Aiding and abetting the author of a crime ».