La Cour de Port-Louis a, dans un ruling rendu jeudi par la magistrate Ranjeeta Rajkumarsing, rejeté la motion présentée par Me Roshi Bhadain, avocat du suspect Prakash Maunthrooa dans l’affaire Boskalis. L’avocat réclamait l’annulation de l’accusation provisoire logée contre ce dernier.
Les enquêteurs de la Central Criminal Investigation Division (CCID) suspectent Prakash Maunthrooa d’avoir aidé autrui à commettre un délit criminel (« aiding and abeiting the author of a crime »). Selon l’accusation provisoire logée contre l’ancien directeur de la Mauritius Ports Authority (MPA), celui-ci aurait apporté son soutien à Siddick Chady pour empocher les US $ 30 000 qui auraient été offerts à celui-ci par la firme hollandaise Boskalis. Le suspect a quitté ses fonctions en 1998 alors que M. Chady, lui, était président de l’organisme à l’époque où le délit allégué aurait été commis, soit en 2006.
Lors des débats sur ladite motion, Me Bhadain a été autorisé à interroger son client à la suite d’un ruling rendu en ce sens par la magistrate, qui a rejeté l’objection de Me Shakeel Bhoyroo, State Counsel. Me Bhadain s’est élevé contre le fait que, selon la poursuite, son client soit provisoirement accusé en vertu de l’article 109 du Code pénal, alors que le délit allégué, qui implique le blanchiment d’argent, relève de l’article 4 de la Financial Intelligence and Anti Money Laundering Act (FIAMLA). Me Bhoyroo a pour sa part justifié le recours de la poursuite au Code pénal pour accuser provisoirement le suspect.
Dans son ruling, la magistrate a soutenu que les arguments avancés par la défense étaient prématurés, étant donné que le suspect n’est, aux yeux de la loi, toujours pas considéré comme un accusé.