Après Akbar Patel et Francisco Filho, le Club M connaît un nouveau sélectionneur en la personne de l’Algérien Boualem Mankour. Celui-ci a été présenté au ministre de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Stephan Toussaint, mardi dernier aux côtés du président de la MFA, Samir Sobha, et du nouveau directeur technique national, le Sud-Africain Zunaïd Mall. Alors que la sélection nationale est éliminée de toutes les compétitions africaines cette année, Boualem Mankour aura la lourde tâche de mener à bon port l’équipe nationale, voire le football mauricien.

Après l’aventure ratée de votre prédécesseur, le Brésilien Francisco Filho, pourquoi avez-vous choisi de prendre les rênes du Club M ?

C’est plutôt une opportunité qu’un choix. Je ne pouvais refuser car, officiellement, c’est ma première en tant que sélectionneur d’une équipe seniors.

Avez-vous une certaine pression de succéder au Brésilien Filho ?

Je pense que le challenge sera d’apporter un renouveau dans le Club M, sans oublier le travail qui a été fait par Filho ou Akbar Patel, qui est une des légendes du pays. Néanmoins, je pense qu’il faut arrêter de regarder en arrière et faire place à la jeunesse. Lorsque je vais rencontrer les différents entraîneurs de l’île, cela me permettra de discuter de nos points forts comme nos faiblesses.

Vous avez rencontré le ministre Toussaint. Comment s’est passé votre premier contact ?

On a beaucoup échangé et je lui ai fait part de mes objectifs. Ce qui m’intéresse, c’est de m’imprégner de la culture mauricienne le plus vite possible, de façon à construire une sélection avec 60% de joueurs locaux et 40% d’expatriés.

Quelle est la philosophie que vous pouvez prôner au Club M ?

Avant tout, une restructuration est nécessaire. Pour le moment, malheureusement, je vais devoir faire avec les moyens du bord, mais comme disait José Mourihno, quand on va à la chasse et qu’on n’a pas de chien, on y va avec son chat. Ce qui est le plus important, c’est que quand les joueurs évoluent dans l’équipe nationale, ils ne représentent pas la fédération, mais l’île Maurice.

Avez-vous déjà une idée d’une éventuelle stratégie de jeu pour la sélection ?

J’ai pu voir qu’au niveau des jeunes, il n’y a pas mal de petits gabarits, peut-être que j’opterai pour un jeu de possession ou de pressing. Si vous regardez en général les différentes sélections à Maurice, ce sont les jeunes qui apportent les meilleurs résultats. Donc, le talent est là, il manque simplement un travail continu avec eux.

Le statut amateur du football mauricien sera certainement un point négatif pour vous…

Je pense simplement qu’il faudra s’adapter à la situation. Le rôle de l’entraîneur est aussi d’être à l’écoute de ses joueurs.

Avez-vous déjà vécu cette situation ?

Bien évidemment, avant d’aller dans le football professionnel, j’ai dû faire mes preuves dans des clubs amateurs. Il ne faut pas renier ses origines. Le côté professionnel n’est pas simplement de gagner de l’argent, mais c’est un état d’esprit avant tout. C’est ce que j’aimerais inculquer aux joueurs. On peut faire de beaux discours, mais la vérité, c’est le terrain.

Quand pensez-vous faire un premier regroupement avec le Club M ?

On va essayer de le faire le 16 prochain. Pour débuter, on tiendra des sessions nocturnes et ensuite des camps d’entraînement les week-ends.

Avez-vous déjà une idée du premier groupe que vous allez appeler ?

Oui et non. J’ai pu voir certains joueurs lors des dernières rencontres et je me suis basé également sur le groupe qui a disputé la finale des Jeux des îles et, de là, j’ai vu des choses qui m’ont plu et d’autres qui m’ont vraiment déplu.

Et c’est quoi votre style de jeu ?

Je n’aime pas le jeu direct où les défenseurs cherchent uniquement les attaquants. Je déteste cela. Je veux voir du spectacle sur le terrain et pour ça, les joueurs devront faire des sacrifices, et il faut être logique et cohérent.

À quoi pouvons-nous nous attendre du Club M en fi n de mois face à Djibouti ?

Avant tout, le manque de respect envers les Mauriciens est inacceptable. Face à Djibouti, je primerai la qualité et ensuite le résultat. La morphologie des Djiboutiens est semblable à celle des joueurs mauriciens. Il faut tourner la page avec le passé et miser sur les jeunes.