Les compagnies privées performantes, qu’elles soient privées ou d’État, devraient considérer une cotation à la Bourse de Maurice, a estimé, hier après-midi, le vice-président de la Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM), Raj Tapesar. C’était lors d’un séminaire organisé au centre de conférence international Swami Vivekananda, Domaine Les Pailles, sur la stratégie d’internationalisation du marché boursier local et l’exploitation du potentiel offert par les marchés africains. Le séminaire a été l’occasion pour le Chief Executive de la SEM, Sunil Benimadhu, d’élaborer sur de récentes initiatives pour l’internationalisation du marché dont la préparation de règles de cotation de certificats de dépôt (depository receipts) et des compagnies minières.
Raj Tapesar a indiqué que, tout en poursuivant une stratégie d’internationalisation du marché boursier local, la SEM continuera à faire des efforts pour inciter plus de sociétés mauriciennes à ouvrir leur capital à un plus grand nombre d’actionnaires, contribuant ainsi à la démocratisation de l’économie à travers le développement d’une culture d’actionnariat. Dans cette optique, il a exhorté les entreprises privées et publiques performantes à considérer une introduction en Bourse. « In essence, there is a need for new scrips to come to the market as investors are on the look for new companies and new investment opportunities », a-t-il observé, ajoutant qu’une cotation boursière de ces sociétés contribuerait à l’amélioration de la liquidité sur le marché.
Selon le vice-président de la SEM, en dépit d’une conjoncture économique difficile, les retours sur les placements dans des valeurs les plus performantes du marché boursier local (marché officiel aussi bien que le Development & Enterprise Market) ont été des plus intéressants. Les quelque 70 000 Mauriciens qui détiennent des actions dans les compagnies cotées ont enregistré des retours sur investissement attrayants sur le long terme. Chiffres à l’appui, Raj Tapesar a annoncé que les retours annuels sur les investissements consentis dans les dix meilleures compagnies du marché officiel ont oscillé entre 19,7 % et 24,6 % au cours des deux dernières décennies. La compagnie la plus performance du marché officiel a offert un rendement total de 14 855 % depuis son introduction en Bourse. Raj Tapesar pense que l’arrivée de nouvelles sociétés très performantes sur le marché aiderait la SEM à atteindre son objectif de 100 000 actionnaires.
Repositionnement
Le vice-président de la SEM a fait état de la stratégie de repositionnement de la Bourse mauricienne afin de pouvoir créer de nouveaux pôles de croissance tout en trouvant des éléments de réponse aux changements fondamentaux qui s’opèrent au niveau du monde boursier international. L’internationalisation du marché local et l’exploitation des opportunités offertes par l’Afrique cadre avec cette stratégie. La mise en place d’une nouvelle plate-forme technologique dans la seconde moitié de l’année en fait partie. Le système de trading sur le marché local sera doté de multiples fonctionnalités, mettant ainsi la SEM au même niveau que les grandes places boursières dans le monde. « La plate-forme mauricienne pourra ainsi être reliée avec d’autres plates-formes boursières, jetant ainsi les bases pour des transactions transfrontalières, élargissant le champ d’activités de la SEM », a fait ressortir Raj Tapesar.
Élaborant sur la nouvelle stratégie de la SEM, Sunil Benimadhu, a parlé de la transformation de la Bourse en un marché à multiples produits (au lieu de se concentrer que sur l’échange d’actions), la cotation de bons et obligations d’État, de produits dérivés, l’introduction du concept de remote membership visant à attirer des courtiers et opérateurs étrangers, le développement d’une synergie entre la Bourse et les opérateurs du secteur du Global Business à Maurice avec la cotation de différents types de fonds globaux ainsi que de titres de créance spéciaux, la possibilité de coter des produits financiers en dollar américain, en euro et en livre sterling, la préparation de règles de cotation et de trading pour les certificats de dépôt (depository receipts), des compagnies minières ou leurs filiales.
Le Chief Executive de la SEM a donné des détails sur les conditions entourant l’émission et la cotation des depository receipts (des produits dérivés ayant comme actif sous-jacent la valeur de l’action d’une société) sur le marché local. Ces DR ou certificats de dépôt peuvent être émis par des compagnies africaines pour ensuite être cotés sur le marché mauricien en vue d’intéresser un plus grand nombre d’investisseurs étrangers. Ces derniers pourront, à travers des véhicules d’investissement structurés par le secteur du Global Business à Maurice, bénéficier de certains avantages fiscaux.
Par ailleurs, Sunil Benimadhu a parlé des règles de cotation des compagnies minières, affirmant que ces règles « fits with the national objective of positioning Mauritius as a jurisdiction of substance and as a service platform for Africa ». Le Chief Executive de la SEM est d’opinion que l’ouverture du centre financier mauricien est un impératif si l’on veut générer plus de services à valeur ajoutée et développer de nouveaux produits à partir de Maurice et visant la région.