La Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM) souhaite introduire sur le marché officiel un nouveau produit, le contrat de différence (Contrat for difference), avec des titres et indices boursiers étrangers comme éléments sous-jacents. Cette démarche de la SEM se situe dans le cadre de sa politique de diversification de la panoplie de produits cotés à la Bourse de Maurice et vise à permettre aux investisseurs locaux de prendre position sur des titres ou indices étrangers à travers le marché local.
Un contrat de différence (CFD) est essentiellement un contrat entre deux parties, généralement décrites comme « acheteur » et « vendeur ». Il stipule que l’acheteur encaissera la différence entre la valeur de l’actif au moment de sa vente et sa valeur au moment du contrat. Si la différence est négative, c’est le vendeur qui encaisse cette différence. Les CFD sont des instruments financiers dérivés qui permettent de réaliser des profits indexés sur la variation à la hausse (comme à la baisse) du cours du sous-jacent. Le sous-jacent peut-être une action, un indice, une matière première ou une devise. Dans le cas de l’initiative de la SEM, le sous-jacent sera limité à une action ou à un indice.
Lorsque le sous-jacent est une action, le CFD prend la forme d’un produit dérivé d’action qui permet aux investisseurs de spéculer sur les mouvements du cours boursier, sans la nécessité de devenir propriétaire de l’action en question. L’achat d’un CFD comporte, cependant, des risques pour l’investisseur. L’ampleur de la perte, en cas de mauvais choix, soulignent les spécialistes, peut dépasser la somme engagée dans l’achat d’un CFD. Si le sous-jacent d’un contrat, dont l’effet de levier est de 10, perd 20 % de sa valeur, le souscripteur ou l’acheteur aura non seulement perdu sa mise mais devra encore rembourser une somme équivalente au trader, en l’occurrence le vendeur.
Les investisseurs doivent payer un pourcentage du prix du titre sous-jacent, le taux pouvant varier de 1 % à 10 % dépendant de certains paramètres de risque concernant l’action ou l’indice en question. Le CFD offre à l’investisseur la possibilité de renforcer substantiellement son niveau de rendement avec un investissement initial très faible comparativement au cours auquel il aurait eu à payer directement pour l’action ou l’indice concerné. Mais, les spécialistes soutiennent que le CFD convient mieux à l’investisseur averti.
La SEM et le Central Depository and Settlement Co Ltd (CDS) comptent dans les mois à venir mettre en place le cadre régulatoire et la structure opérationnelle appropriés pour faciliter le trading du CFD. Le feu vert de la Financial Services Commission (FSC), le régulateur du secteur des services financiers non bancaires, sera recherché pour cette mesure innovatrice. Une campagne de sensibilisation des professionnels de la Bourse et du public est également prévue.
Notons que les transactions sur le CFD ont cours dans plusieurs pays dont le Royaume Uni, les Pays Bas, l’Allemagne, la Pologne, la Suisse, l’Italie, l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, la France, le Japon, l’Espagne, Singapour et la Suède.