L’octroi de deux bourses d’études de spécialisation en médecine par le ministère de la Santé sans appel à candidatures – Le Mauricien en a fait état dans son édition de jeudi – intéresse l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Cet organisme a ouvert une enquête à ce sujet.
Selon nos informations, l’ICAC depuis quelque temps déjà, sur la base de plusieurs plaintes reçues, s’intéresse de très près à la question de bourses d’études professionnelles dans plusieurs secteurs à l’intention des fonctionnaires.
L’enquête qu’a initiée aujourd’hui la Commission anti-corruption porte sur les deux bourses qu’offre annuellement le gouvernement indien pour une formation de spécialisation à la Banaras Hindu University. C’est le ministère de la Santé qui procède à la sélection des bénéficiaires mais contrairement aux procédures, il n’y a pas eu cette année d’appel à candidatures pour les bourses pour l’année universitaire 2015-2016. D’où le mécontentement des généralistes qui auraient pu faire acte de candidature. Alors que les deux bénéficiaires, dont l’une serait la fille d’un haut cadre du ministère de la Santé, sont déjà en Inde et ont déjà bouclé les procédures administratives quant à leur admission à l’université indienne, le ministère a affirmé au Mauricien que « les procédures pour l’appel à candidatures sont en cours et prendront du temps ».
Rappelons que l’an dernier les deux bourses n’ont pas été allouées en raison d’une contestation des candidats auprès de l’ICAC. Selon nos informations, cette nouvelle affaire qui provoque un remous certain dans le service hospitalier incite davantage l’ICAC à approfondir les enquêtes, qu’elle aurait déjà enclenchées sur l’octroi des bourses aux fonctionnaires.
Par ailleurs, l’ICAC entrera dans ses nouveaux locaux à Réduit à compter du lundi 22 juin. Le nouveau quartier général situe dans un bâtiment de quatre étages, d’une superficie de 6 200 m2. Le projet de délocaliser la Commission anti-corruption date de  2003 et a finalement été réalisé douze ans après au coût de Rs 248 millions.
Trois raisons principales ont motivé la décision d’un déménagement de l’ICAC vers ce nouveau bâtiment. D’abord, d’ordre économique car de mai 2003 à juin 2015, l’ICAC a déboursé plus de Rs 94 millions en termes de loyer pour son emplacement au Quai D. L’actuel bâtiment, bien que situé en périphérie de la capitale, est dans une zone portuaire, loin des trajets desservis par les transports en commun ; le nouveau site à Réduit, qui sera plus accessible, comporte un amphithéâtre, entre autres, à des fins de conférences et de formations. On avance aussi la question de sécurité. L’organisme anti-corruption pourra désormais accueillir les membres du public sans se soucier de la proximité de facilités de stockage de fioul ou d’essence.