A quoi bon faire autant de bruit si on n’est même pas capable d’assumer ensuite ses responsabilités au moment voulu ? C’est la réflexion, voire la lecture, que nous ferons de l’assemblée générale annuelle de l’Association mauricienne de Boxe (AMA), tenue le 22 mars dernier, au centre national de boxe à Vacoas. Au final, le président Pascal Telvar, dont certains disaient ,que ses jours étaient comptés à la tête de cette fédération, reste en poste. Mieux encore, il n’a aucunement été mis en difficulté au cours d’une assemblée générale soldée en moins d’une heure. Car il n’y a eu point de questions brûlantes par les contestataires par rapport aux sujets évoqués ces dernières semaines. Une question s’impose: Qu’est-ce qui a bien pu se passer au cours de la longue réunion de la veille à Vacoas et surtout qu’est-ce qui a bien pu être proposé pour que les choses « rentrent dans l’ordre. »
Les qualificatifs pour désigner la situation du 22 mars dernier ne manquent pas, plus précisément pour qualifier ceux qui contestaient les décisions de Pascal Telvar. Nous nous abstiendrons toutefoisd’en parler à ce niveau laissant ces messieurs que nous qualifierons de « faux contestataires » à leurs consciences. Au final, il n’y a eu point de questions liées aux sujets dites brûlants, sauf deux « timides interpellations » de Dominique Rosalba, comme l’avait indiqué notre confrère Le Mauricien.
Le représentant de Flacq voulait tout simplement en savoir davantage sur la venue de l’entraîneur cubain Roberto Ibanez Chavez et pourquoi une boxeuse, récemment sacrée aux championnats nationaux Elite, n’avait pas été intégrée à la sélection nationale. Par la suite, cela a été le calme plat. Pas la moindre question en ce qui concerne les récentes contestations liées aux primes que devrait toucher la fédération après les combats livrés par James Kennedy St Pierre au niveau de l’AIBA Professionnal Boxing.
Qui a gagné dans ce bras de fer engagé depuis quelques semaines déjà ? On serait tenté de dire les deux bords, mais là également on préfère s’abstenir. Qui a perdu ? Certainement pas la fédération et ses membres. La boxe, la discipline, a elle laissé, une fois encore, des plumes. Elle aura été l’unique perdant dans ce combat qui opposait deux bords pourtant élus « main dans la main » le 17 mars 2013 à Vacoas.
Que retient-on au juste de la réunion du 22 mars dernier ? Tout simplement que ce fut du très mauvais cinéma. L’opinion publique saura tirer ses conclusions. Mais à notre niveau, nous dirons que l’AMB a encore perdu à l’échelle de la crédibilité. Et cela, c’est vraiment dommage pour les boxeurs. Que peut-on vraiment attendre de cette fédération en terme de projet concret ? Quel visage Maurice présentera-t-elle aux Jeux des Iles de l’océan Indien qui auront lieu dans quatre mois à l’île de La Réunion ? Ferons-nous mieux que les deux médailles d’or obtenues de 2011 lors des Jeux des Seychelles ?
Voyez-vous, la boxe mauricienne se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, alors que 2015 se veut être une année très importante avec la tenue des Jeux d’Afrique en septembre prochain à Brazzavile (République du Congo). Sans oublier les épreuves qualificatives menant aux Jeux olympiques de 2016, à Rio au Brésil. Dans une tentative de sauver les meubles, l’AMB a sorti de son chapeau un entraîneur cubain Roberto Ibanez Chavez qui, selon notre confrère Le Mauricien, devrait être à Maurice à la mi-avril. Parviendra-t-il à redonner confiance à cette discipline, voire lui insuffler un nouveau dynamisme ? S’il y arrive, alors tant mieux.
Mais toujours est-il que les techniciens mauriciens qu’ont été l’ancien directeur technique national Jean-Claude Nagloo et l’actuel entraîneur national Judex Bazile, ont toujours su tirer leur épingle du jeu. Le dernier exemple en date: la dernière finale disputée par James Kennedy St Pierre aux récents Jeux du Commonwealth en Ecosse. Sans oublier les performances réalisées par ce dernier au niveau de l’AIBA Professionnal Boxing et ce, en si peu de temps.
L’AMB ayant déjà pris sa décision, il ne reste donc plus qu’à attendre pour voir si l’option Roberto Ibanez Chavez s’avère la bonne et s’il sera bien celui qui redonnera espoir à la boxe mauricienne comme l’espèrent tant Pascal Telvar et ses « fidèles lieutenants ».