Le président de l’Association mauricienne de boxe (AMB), Rajiv Rajcoomar, arrive difficilement à digérer l’affront subi par les boxeurs mauriciens au cours des derniers Jeux des îles. Tout en soulignant qu’il ne cherche pas d’excuses et qu’il n’accuse personne, il s’est appesanti sur le fait que la fédération seychelloise et le comité organisateur ont ignoré les recommandations de l’Association internationale de boxe (AIBA), surtout pour ce qui est de la désignation des juges-arbitres. C’était au cours d’une conférence de presse tenue hier matin au siège du Comité national olympique mauricien à Port-Louis.
Entouré de quelques membres de son comité directeur (Sam Mungapen, Cassam Khadaroo et Guy Bazerque) et de son staff technique (Jean-Claude Nagloo et Judex Bazile), le président de l’AMB a souligné d’emblée que la moisson a été satisfaisante. « Nous avons obtenu dix médailles, ce qui est à notre honneur. Toutefois, je n’ai à aucun moment pronostiqué le nombre de médailles d’or. Nous étions certes confiants, car nous étions l’équipe à battre. »
Dans le même souffle, il a précisé que les Jeux des îles n’étaient pas l’objectif prioritaire de la saison, mais plutôt les championnats de la zone 4, les championnats d’Afrique, les Jeux d’Afrique et les championnats du monde. Et d’ajouter : « Les Jeux des îles ne constituent pas un baromètre, mais je suis peiné et surpris par certaines déclarations faites à l’égard de nos boxeurs. »
Dans cet ordre d’idées, Rajiv Rajcoomar s’est élevé contre le traitement accordé aux boxeurs mauriciens au cours de cette compétition. « Nous étions les meilleurs, mais tous les moyens ont été utilisés pour nous ridiculiser. Je considère cela comme une indignation et un manque de respect vis-à-vis d’une discipline qui a toujours fait la fierté de notre pays. »
Afin de remonter le moral des boxeurs, il a tenu à les rencontrer en cours de semaine. « Il ne faut pas qu’ils se considèrent comme des orphelins. Ils ont certes pris un sacré coup, mais c’est un cauchemar à oublier. » Reste qu’à son avis ce triste scénario découle du fait que les juges-arbitres neutres n’ont pas été sollicités. « Selon les recommandations de l’AIBA, la compétition devait se tenir sous la supervision d’un délégué technique. De plus, les combats devaient être dirigés par six officiels de niveau international ou continental possédant une à trois étoiles. D’après les règlements, toute compétition regroupant plus de quatre pays doit voir la présence d’officiels internationaux et non des régionaux. Deux arbitres juges neutres devaient être aussi désignés par le bureau africain de l’AIBA. Au bout du compte, les recommandations de l’AIBA ont été ignorées. »
Critères
C’est ainsi que seuls les arbitres mauriciens et réunionnais respectaient les critères établis et que trois juges seychellois officiaient au cours d’un combat. Rajiv Rajcommar a rappelé qu’au cours des Jeux des îles de 2003 à Maurice, deux juges-arbitres indiens étaient présents, alors que lors des championnats d’Afrique tenus à Maurice deux ans de cela, des juges-arbitres indiens et seychellois avaient été sollicités. Il soutient également qu’un cours de recyclage aurait dû être organisé trois mois avant la compétition. 
À une question du Mauricien concernant un éventuel walk-out de la sélection mauricienne après les premières décisions controversables, Cassaam Khadaroo a fait ressortir que cela n’était pas la décision idéale. « Ce n’était pas une sage décision. Il ne fallait pas pénaliser les autres sur un coup de tête. » À la question de savoir si Maurice pourrait présenter une équipe B aux prochains Jeux des îles, Rajiv Rajcoomar a de son côté mentionné que le sujet sera évoqué lors de la prochaine réunion du bureau africain.
Concernant les prochains Jeux des îles, le président de l’AMB a maintenu que la préparation devra être enclenchée bien à l’avance. « Un sportif de haut niveau ne se construit pas en six mois. Il faut investir bien à l’avance. Plusieurs de nos demandes sont tombées dans l’oreille de sourds et rien que dix de nos boxeurs bénéficient de l’aide de la High Level Sports Unit », a-t-il déploré.
Toujours est-il que du côté de l’AMB, on est loin de vouloir jeter l’éponge, surtout à l’approche des Jeux d’Afrique. « Nous sommes revigorés en vue de cet événement et nous ne reviendrons pas bredouilles », a d’ailleurs promis le président de cet organisme. Ce dernier agira comme membre du jury au cours de cette compétition, alors que Cassam Khadaroo a été désigné par l’AIBA pour agir comme arbitre-juge. 
Pour rappel, les boxeurs retenus sont Oliver Lavigilante, Ludovic Bactora, Bruno Julie, John Colin, Richarno Colin, Kennedy St Pierre, Cedric Olivier et Rodney Prosper. La délégation conduite par Sam Mungapen quittera le pays le 30 courant, alors que le coup d’envoi de la compétition sera donné le surlendemain. Les finales sont prévues le 9 septembre. 
Une réunion du bureau africain se tiendra le 4 septembre et verra la présence de Ching-Kuo Wu, président de l’AIBA.