À Tranquebar, banlieue de la capitale, la boxe a toujours été une discipline de prédilection. Du Tranquebar Barbell Gym situé à la rue Prince Alfred au cours des années 1960-70 à l’actuel Centre de boxe de Tranquebar à Cité Madeleine, inauguré par l’ancien lord-maire Abdullah Hossen le 27 février 2005, que de chemin parcouru. Que de boxeurs qui ont pu se faire une place au soleil, tout en s’éloignant des fléaux de la société. Aujourd’hui, une aide plus accrue des autorités concernées est attendue afin de faire perdurer cette passion.
Un mercredi comme les autres. En cette fin d’après-midi, comme c’est le cas le lundi et le vendredi de 17h à 18h, ce sont les plus jeunes et les éléments féminins qui font leurs gammes à l’extérieur du ring. Sur les murs, des photos des boxeurs ayant porté haut les couleurs de l’endroit. Comme une inspiration. De sa voix de stentor, Gaétan Runghien dirige les opérations. Il veille au grain, encourage, corrige les défauts, aidé dans sa tâche par Mario Othello.
L’homme, du haut de ses 62 ans, s’avère un passionné à coup sûr. Lui qui a disputé son dernier combat en 74 lors du fameux Boxing in Studio de l’époque et qui a rapidement épousé une carrière d’entraîneur. « C’est l’amour de la boxe qui nous guide. Au sein de notre centre, il n’existe pas de droit d’entrée. Nous n’avons jamais pris le moindre sou d’un boxeur. Pour ces jeunes de l’endroit, c’est l’occasion de les faire sortir de la misère », souligne fièrement Gaétan Runghien.
Une fierté décuplée quand il évoque le fait que Maurice a toujours été représentée par un boxeur de Tranquebar dans pratiquement chaque édition des Jeux des îles. Dans la foulée, le sexagénaire mentionne la prestation de ses protégés lors des récents championnats nationaux Elite. Jacques Raphaël et Lendo Samoisy s’étant retrouvés sur la plus haute marche du podium et Kennedy St Pierre frôlait la médaille d’or.
Il n’oublie pas ceux qui frappent aux portes du succès, tels que les prometteurs Stephano Jolicoeur, Tristan Payet, Daryll Perrine et Tyson Marie. Comment ne pas mentionner ceux qui se sont retrouvés à l’avant-plan quelques années de cela. Soit Josian Lebon, Blanco Augustin, Mac Daniel Botford, Bruno Louis, Linley Louis, Christophe Bellehumeur et Jean-Lou Esmyot.
« Quand on voit l’engouement de ces jeunes et de ces éléments féminins, on ne peut penser à abandonner », avoue Gaétan Runghien. D’ailleurs, ses jeunes protégés le lui rendent bien, si on met en exergue leur prestation aux Jeux de l’Avenir et aux Jeux de l’Espoir. Stéphano Jolicoeur, médaillé d’or lors de ces deux compétitions et aux championnats nationaux -15 ans, est un des symboles de cette relève. « Nos entraîneurs nous encouragent constamment et se montrent dévoués à notre égard. A partir de là, nous essayons de viser plus haut et de faire la fierté de notre localité. »
Sur ces entrefaites arrivent les boxeurs de l’élite qui reviennent d’une séance physique tenue au Champ de Mars. Pour eux, les sessions d’entraînement au centre se dérouleront jusqu’à 20h. Également présent un autre vieux routier, Louis Gua (69 ans) et fort de ses 40 ans dans le giron en tant que boxeur, entraîneur et arbitre international. Il s’extasie aussi devant la force de caractère de ces boxeurs. « Lors des championnats nationaux Elite, certains étaient à leur baptême du feu. Pourtant, ils n’ont pas hésité à défier des adversaires plus chevronnés et coriaces. Cette volonté de se surpasser donne une autre image de l’endroit. »
Toutefois, les équipements utilisés laissent parfois à désirer. D’où des démarches effectuées auprès de la municipalité de Port-Louis. Les boxeurs, avec les moyens du bord, ne demandent qu’à s’exprimer. Pour eux, il s’agira de continuer les combats vers les sommets.