Ses yeux pétillent de bonheur. Fraîchement auréolé de son premier titre de champion d’Afrique de boxe dans la catégorie -56 kg, Jordy Vadamootoo est le premier à sortir de l’aérogare. Applaudissements, accolades, trophée et bouquets attendent celui qui a créé l’événement au cours de cette compétition tenue au Congo-Brazzaville et qui servait de qualification pour les championnats du monde prévus à Hambourg en Allemagne du 27 août au 3 septembre. Hier après-midi à l’aéroport de Plaisance, l’accueil était sans doute sobre, mais empreint d’une certaine émotion pour ceux qui se sont retrouvés sur le podium (les deux autres étant Merven Clair et John Colin), et ceux qui sont tombés les armes à la main.
« Une énorme fierté », lâche d’emblée Jordy Vadamootoo. Bien que n’étant pas encore habitué à un tel accueil, il demeure conscient qu’il a franchi une nouvelle étape de sa carrière. « Certes, les combats étaient difficiles, mais ma préparation a été adéquate. Désormais, ce titre me permettra d’évoluer avec encore plus de confiance et je suis motivé afin de faire bonne figure aux Mondiaux ».
À ses côtés, sa mère Christine partage son bonheur. « J’étais en plein sommeil quand il m’a envoyé un message. Je n’y croyais pas au début. Toutefois, la joie a vite pris le dessus. Mes prières ont été exaucées et je continuerai à l’encourager dans sa carrière. » Ce même bonheur est partagé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, qui avait accueilli la veille Aldo Farla, champion du monde de fitness. « Je crois que j’installerai un bureau à l’aéroport », plaisante-t-il, tout en disant sa fierté de la prestation des représentants mauriciens.
Comment ne pas faire mention de la satisfaction de Gino Paul, premier entraîneur de Jordy Vadamootoo à Quatre-Bornes et qui était à ses côtés pour ce premier sacre. « Il a effectué ses débuts sous ma férule voilà huit ans. Nul doute qu’il est un boxeur prometteur qui sera apte à bien se défendre aux championnats du monde, moyennant des frottements intéressants. »
Alors que les jeunes du Club de Tranquebar et les membres de l’Association mauricienne de boxe entourent les nouveaux héros, le président de cette instance, Indiren Ramsamy, a déjà des visées pour les trois qualifiés. « Les membres du staff technique se réuniront pour préparer un plan de travail. Il va de soi qu’un stage à l’étranger sera privilégié. Avec des sparring-partners de quatre à cinq équipes, les résultats suivront ».
Un avis partagé par le Conseiller technique d’origine cubaine, Roberto Ibanez. « Cette performance d’ensemble augure de belles perspectives. Il faudra la meilleure préparation possible en vue des Mondiaux, car ces boxeurs possèdent du potentiel. Même Kennedy St Pierre, Richarno Colin et Jean-Luc Rosalba auraient pu se qualifier. Cependant, les deux premiers sont tombés face aux éventuels médaillés d’or, alors que Rosalba s’est incliné de très peu. »
D’ailleurs, St Pierre et l’aîné des frères Colin veulent demeurer dignes dans la défaite. « J’ai fait mon combat et j’ai donné le meilleur de moi. Je n’ai donc aucun regret », affirme le premier nommé. « J’accepte le verdict, car il fallait un gagnant et un perdant. Mon combat, c’était du 50/50, et je peux vous assurer que ce revers me pousse à me motiver davantage », soutient Richarno Colin.
Quant au médaillé d’argent Merven Clair, il fait part de sentiments mitigés. « La satisfaction de me retrouver aux Mondiaux est évidente. Toutefois, je suis passé si près de la consécration, étant donné j’avais dominé les deux premiers rounds. Maintenant, il faudra demeurer concentré afin de vivre à fond cette compétition mondiale », affirme celui qui a une pensée spéciale pour Rodrigues, dont il est originaire.
Une pointe de regret également pour le médaillé de bronze John Colin. « Ma blessure à l’oeil droit m’a affecté lors de la demi-finale. Sinon, la préparation a porté ses fruits et il faudra maintenir cette lancée. » Une nouvelle étape attend donc trois boxeurs motivés à bloc.