Aux derniers Jeux des îles, Jordy Vadamootoo avait bouleversé les pronostics en décrochant la médaille d’or dans la catégorie -56 kg. Une consécration qui lui a ouvert les portes des championnats d’Afrique de boxe.
Au complexe sportif Mohamed V de Casablanca au Maroc qui abrite à partir d’aujourd’hui la 17e édition de l’échéance continentale, le jeune pugiliste de 20 ans veut voir encore plus loin, soit le titre et la qualification pour les championnats du monde de Doha en octobre prochain.
Pourtant, rien ne prédestinait Jordy Vadamootoo à une telle ascension. Lui qui, paradoxalement, n’a pas encore obtenu de lauriers aux championnats nationaux Elite. Finaliste malheureux la saison dernière suite à sa défaite face à Olivier Laverdure et rien que demi-finaliste cette saison, ses chances d’être en action aux JIOI étaient quasi-inexistantes.
Mais voilà, le Quatre-Bornais a su forcer le destin en sa faveur. « Alors que les autres boxeurs de cette catégorie étaient irréguliers aux séances d’entraînement, j’ai par contre fait montre de volonté et d’assiduité. J’ai accepté de consentir à des sacrifices, car j’avais foi en mon objectif ».
Au bout du compte, Jordy Vadamootoo a su justifier la confiance placée en lui. Et ce, même si l’opposition était de taille, avec surtout le Réunionnais Jordan Rodriguez comme adversaire en demi-finales. « Ce n’était guère évident d’affronter un boxeur qui évoluait devant son public. Toutefois, j’ai dû faire preuve d’intelligence, tout en misant sur une meilleure technique pour faire la différence. J’étais confiant de ma victoire avant le verdict », souligne-t-il.
Il lui restait alors un dernier obstacle à franchir avant de se retrouver sur la plus haute marche du podium et le Malgache Rakotomanga s’annonçait comme un sacré client. « J’étais stressé tout au long de la matinée, car je n’avais pas vu mon adversaire à l’oeuvre. Cependant, j’ai fait le vide autour de moi, et sur le ring, je suis entré tout de suite dans le combat. Cela a été plus facile que prévu ».
Avec sa médaille d’or autour du cou, Jordy Vadamootoo se retrouve donc dans un autre monde. « C’était tout simplement inespéré. J’ai eu à ce moment-là une pensée spéciale pour mes parents, mes coéquipiers de la sélection, mes entraîneurs et mon premier coach Gino Paul ». Ce dernier, entraîneur du comité régional de Quatre-Bornes, a guidé ses premiers pas dans cette discipline voilà plus de deux ans.
Fort de ce succès, l’employé du Gymkhana Club de Vacoas ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Le titre africain m’intéresse. J’ai déjà eu une idée du niveau des boxeurs africains à travers des test-matches face aux Kenyans l’année dernière ».
Sera-t-il un digne héritier de Bruno Julie dans cette catégorie ? À cela, le concerné hausse davantage les enchères. « La qualification pour les championnats du monde dans un premier temps, puis pourquoi pas l’or olympique ».
La foi dans son potentiel, son désir de se surpasser et sa détermination lui permettront-ils d’atteindre les objectifs visés ?