L’or était si proche. À l’issue de la première reprise de la finale de la catégorie -81 kg samedi dernier, tous les espoirs étaient permis quant à une éventuelle consécration du boxeur Kennedy St Pierre. Toutefois, à l’issue d’un combat indécis jusqu’au bout, le Néo-Zélandais David Nyika brisait le rêve du Mauriciens en bénéficiant de la faveur des trois juges (29-28). Kennedy St Pierre ne rejoindra certes pas Richard Sunee au palmarès de cette compétition, mais son parcours héroïque, marqué par trois succès en quatre sorties, dont deux avant la limite, mérite d’être salué. Cette médaille d’argent agit ainsi comme un ballon d’oxygène pour le sport mauricien à un an des Jeux des îles.
Le verdict des juges n’est pas au goût des entraîneurs mauriciens présents à Glasgow. L’entraîneur national, Judex Bazile, persiste à croire que son protégé a fait la différence. « Kennedy méritait la victoire, car il a attaqué depuis le début du combat. Certes, il n’a pas été précis par moments, mais à mon avis il a gagné les deux premières reprises ». Selon lui, la réaction du public à l’annonce du verdict et au moment de la cérémonie protocolaire de remise des médailles atteste de cet état de faits. « Le public a hué au moment de la proclamation du résultat et a effectué une stading-ovation quand Kennedy a obtenu sa médaille ».
Tout en remerciant le ministère de la Jeunesse et des Sports, l’Association mauricienne de boxe et tous les entraîneurs pour leur soutien, Judex Bazile soutient que Kennedy St Pierre se trouve sur la bonne voie. « Il a retrouvé son niveau et c’est de bon augure dans le cadre de la préparation des prochains Jeux Olympiques ».
Ce même constat est exprimé par Pascal Telvar, président de l’Association mauricienne de boxe. « Ici, nous sommes extrêmement déçus. Kennedy méritait amplement la consécration et il a reçu des félicitations de partout. C’était une médaille d’or assurée, mais les juges en ont décidé autrement. C’est dommage, car cette médaille d’or aurait constitué un nouveau plus ».
Par contre, le juge-arbitre Sam Mungapen, qui a suivi et revisionné le combat à la télévision, n’est pas du même avis. « Selon moi, le verdict aurait dû être 2-1, et non 3-0 en faveur du Néo-Zélandais. Certes, Kennedy a gagné le premier round, mais le fait qu’un des juges ait donné un avis différent a changé les données. Par la suite, les coups de Nyika ont mieux porté du fait qu’il est avantagé à l’allonge ».
Si Kennedy St Pierre a mieux entamé le combat, il n’empêche que son adversaire s’est montré mobile sur le ring, tout en essayant d’esquiver ses coups au maximum. Si ce round était en faveur du Mauricien, il n’empêche que Nyika est graduellement revenu dans le combat par la suite. Le fait que St Pierre a paru à bout de souffle sur la fin et a quelque peu été acculé dans les cordes a-t-il influencé les juges ?
Reste que le Néo-Zélandais se disait heureux du résultat finale. « It feels crazy. Au cours de cette finale, je n’ai pas été vraiment bousculé. Mon adversaire, un solide gaillard, expédiait de larges coups et j’ai pu le garder à distance. J’ai tellement esquivé les coups en bougeant sur le ring, que j’avais l’impression d’être comme désarticulé ».
Deux images fortes marqueront par la suite la remise de médailles. La belle accolade de Philippe Hao Thyn Voon, président du Comité olympique mauricien, à Kennedy St ïerre, et la forte émotion de David Nyika au moment de l’hymne national de son pays. Ce dernier, du haut de ses 18 ans, devenait le plus jeune médaillé d’or des Jeux du Commonwealth en boxe et succédait à Michael Kenny, qui s’était distingué en 1990 dans la catégorie +91 kg à Auckland.