Le courage et la témérité de la jeune Rodriguaise Anne-Jelina Bégué n’ont pu lui permettre de détrôner la Japonaise Mariko Hara. Au Palestra Comunale de Gênes en Italie samedi dernier, la finale de la catégorie -52 kg dans le cadre des championnats du monde de boxe française-savate a favorisé les desseins de la double championne du monde en exercice. Cette dernière a fait la différence par arrêt de l’arbitre à la quatrième et dernière reprise, du fait qu’Anne-Jelina Bégué, comptée une troisième fois, l’avait déjà été à deux reprises lors des précédents rounds.
Malgré cette défaite, la combattante originaire de Grande Montagne devient la première sportive de la République de Maurice, toutes disciplines confondues, à décrocher un titre de vice-championne du monde. Un palier jamais atteint jusqu’ici et qui lui permet d’aspirer à des lendemains encore meilleurs. D’autant qu’à 21 ans l’avenir lui appartient. Certes, cette défaite apporte quelques regrets, si on en croit les propos de l’entraîneur Alain Aliphon, qui parle d’erreur d’arbitrage au quatrième round.
« Anne-Jelina méritait d’aller au terme de ce combat. Toutefois, elle a glissé lors de cette dernière reprise et l’arbitre italien a commis l’erreur de la compter. Il a certes réalisé son erreur, mais c’était trop tard. Le combat a donc été arrêté, du fait qu’Anne-Jelina avait déjà été comptée aux 2e et 3e rounds », fait-il ressortir.
Néanmoins, il ne tarit pas d’éloges sur la prestation de sa protégée. « Elle a su compenser son manque de métier et de technique par un courage qui a fait plaisir à voir. Le combat n’a jamais été à sens unique car la Japonaise a également été comptée en une occasion. Anne-Jelina a abordé le combat sans complexe, avec beaucoup de calme et nous ne pouvons qu’être fiers d’elle », ajoute Alain Aliphon.
Il faut noter que Mariko Hara, avec son palmarès éloquent, abordait de surcroît ce combat final dans les meilleures conditions. À Gênes depuis une bonne semaine, elle avait à ses côtés une forte délégation comprenant entraîneur, physio, masseur, entre autres. « Nous avons vite senti que la Japonaise était mieux préparée et qu’elle faisait figure de bionic girl. Néanmoins, elle a été surprise de se retrouver face à un adversaire qui n’a jamais abdiqué », soutient Alain Aliphon.
Au bout du compte, Anne-Jelina Bégué a obtenu un trophée en forme de gant et un certificat. Vu son parcours dans cette compétition, elle sera à coup sûr au rendez-vous lors de la prochaine édition l’année prochaine. La délégation qui comprend également Jean-François Roussety, responsable du comité régional de Rodrigues, est attendue au pays demain matin.
Il est à signaler finalement que les deux médailles de bronze dans cette catégorie ont été décrochées par la Canadienne Lydie Couture et la Serbe Djendji Fleis.
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Cash-prize de Rs 60 000
Selon le cash-prize scheme établi l’année dernière par la High Level Sports Unit, Anne-Jelina recevra une récompense de Rs 60 000 du ministère de la Jeunesse et des Sports. Et ce, du fait que la boxe française-savate est considérée comme une discipline non-olympique. En cas de succès, elle aurait perçu un chèque de Rs 100 000.