Giovanni Frontin est devenu le premier boxeur mauricien à décrocher une ceinture au niveau professionnel en Angleterre. Le 9 octobre de l’année dernière à Plymouth, il s’est imposé aux dépens du Britannique Dean Mills lors du International Masters Championship. Actuellement à Maurice, Frontin (34 ans) revient sur ce combat, sa carrière pro entamée voilà quatre ans et évoque ses prochains objectifs. D’ailleurs, il compte remettre son titre en jeu en mars prochain.
Revenant sur cette confrontation en dix rounds face à Dean Mills, Giovanni Frontin souligne qu’elle ne fut guère aisée, bien qu’il s’est imposé par arrêt de l’arbitre au septième round. « Mills est un adversaire très courageux et j’ai fait la différence en contre-attaques. Cela m’a permis de faire la différence. »
Même si l’obtention de cette ceinture a apporté une nouvelle orientation à sa carrière, il n’empêche qu’il n’a pu poursuivre sur sa lancée. C’est ainsi qu’il a subi des défaites lors de ses dernières sorties, dont la dernière le 13 janvier dernier à York Hall. Face à Bradley Skeete, il s’est incliné aux points (71-80) lors de ce combat prévu en huit rounds, se retrouvant même au tapis dès la première reprise.
Toutefois, Skeete loue les qualités de Frontin, qui lui a donné du fil à retordre. « He’s a tough guy and he took me to eight rounds. » Reste que Jerry Mortimerdo, entraîneur de Giovanni Frontin, estime que son poulain peut aspirer à mieux. « Il doit prendre encore plus d’initiative sur le ring. À l’entraînement, il affiche d’excellentes dispositions, mais ne démontre pas le même rendement lors de ses combats. »
Valeur actuelle, Giovanni Frontin possède un palmarès comprenant trois victoires, un nul et onze défaites. Il s’entraîne au rythme de deux à trois fois la semaine, mais fait face à des problèmes de transport et d’un manque de commanditaires pour être encore plus performant. Tout de même, fort du soutien de son épouse Joanna et ses deux enfants, Evans et Kewell, il veut poursuivre son rêve chez les pros. Et ce, même s’il évolue dans un univers impitoyable.
« La boxe professionnelle et amateur sont deux mondes différents. D’un côté, les pros s’entraînent seulement à quelques semaines d’un combat, mais ces combats ne sont pas nombreux. Par contre, au niveau des amateurs, les séances d’entraînement sont plus régulières et les combats s’enchaînent. Dans cet univers impitoyable de la boxe pro, c’est vraiment très, très dur. En 13 ans de carrière chez les amateurs, je mettais des protections, mais chez les pros, plus aucune protection, et les coups pleuvent de partout. Il faut vraiment être solide, savoir encaisser et ne pas se retrouver au tapis. »
Pour rappel, Giovanni Frontin a été un des plus brillants boxeurs lors de sa carrière chez les amateurs. Champion d’Afrique juniors en 1995, il a été le premier sportif mauricien à décrocher l’or aux Jeux de la Francophonie à Madagascar deux ans plus tard. Il a également décroché le bronze et l’argent aux Jeux du Commonwealth, respectivement en 1998 à Kuala-Lumpur et en 2006 en Australie.